• Pièges techniques classiques

    Lorsqu’on leur a posé la question, un groupe d’éditeurs originaires des meilleures maisons d’éditions a répondu que ce qui suivait représentait les erreurs techniques les plus courantes dans les travaux soumis par les auteurs.

    En éliminant ces erreurs de nos ouvrages, nous augmentons considérablement nos chances d’être publiés — et nous renforçons nos compétences en écriture.

    Intrusion de l’auteur, filtration, voix passive

    Utilisez la voix active lorsque vous écrivez. Évitez les verbes faibles : "être" et ses variantes, était, sont, est. Cela permet au lecteur de se retrouver au cœur de l’action, et de faire en sorte que ce qui se passe, se passe maintenant. L’intrusion de l’auteur rappelle au lecteur qu’il est en train de lire, par conséquent vous perdez l’immédiateté, l’empathie qui s’établit entre le lecteur et le personnage.

    La règle du "montrer et ne pas dire" s’applique

    Mots d’ordre : pensa, se demanda, considéra, réalisa et ainsi de suite.

    Exemple :

    Filtré : Elle réalisa qu’elle avait franchi le point de non-retour.

    Elle devait le tuer.

    Non filtré, pas d’intrusion : Le point de non-retour. Elle devait le tuer.

    Parties du corps indépendantes

    Les parties du corps ne peuvent pas agir d’elles-mêmes. Le personnage doit lever les mains, darder un regard vif, marcher sur la pointe des pieds. Autrement, les images que crée l’esprit du lecteur sont épouvantables. Les membres déconnectés ne devraient pas bouger sans être attachés au corps du personnage. Exemple :

    Ses yeux parcoururent la pièce.

    Corrigé : Elle parcourut la pièce du regard.

    (Les yeux ne doivent pas parcourir. Utilisez le regard. Notez qu’elle a provoqué cette action. Dans cette version corrigée, ses yeux n’ont pas agi de façon autonome ou indépendemment de sa volonté.)

    Cause avant effet, réaction avant action, erreurs de syntaxe

    Quoique le lecteur lise en premier sur la page, cela se passe en premier dans son esprit. Cette erreur survient quand la réaction à quelque chose, disons la peur, est évoquée avant l’action qui provoque cette dernière, disons un serpent qui siffle. Ou bien quand la conséquence est décrite avant ce qui l’a provoquée.

    Les mots d’ordre sont : quand, alors que, avant, pendant, jusqu’à ce que, après, et depuis.

    Pour corriger ce type d’erreur, il suffit d’interchanger les phrases pour être certain d’écrire la cause puis la conséquence, l’action puis la réaction.

    Utiliser des noms dans le dialogue

    Au cours d’une discussion, on prononce rarement le nom des gens auxquels on s’adresse. Pour faire apparaître clairement celui qui parle, donnez au personnage une voix caractéristique, un signe particulier flagrant, et utilisez des gestes distinctifs. Mettez un objet entre les mains de l’un de vos personnages et utilisez-le pour que le lecteur sache clairement qui est en train de parler. Cet outil de l’écrivain présente deux fonctions : identifier celui qui parle et créer une illusion d’action. Le langage corporel est une méthode extrêmement efficace.

    Éviter : silhouette, corps et présence

    Cette bête noire éditoriale n’apparaît plus aussi souvent qu’auparavant.

    N’écrivez pas : Il appuya son corps massif contre la porte.

    Écrivez : Il s’appuya contre la porte.

    Une indication : Quand avez-vous vu pour la dernière fois un beau mec en pensant « Wow, quel joli corps ? »

    Séparez les actions

    Prenez soin de dissocier les actions, autrement vous risquez de voir un personnage effectuer l’impossible, physiquement parlant. La conjonction de coordination "et", particulièrement traître, est souvent responsable de ce type d’infraction.

    Exemple : Elle appela la police et conduisit jusqu’à l’hôpital.

    Peut-elle réellement faire ces deux choses en même temps ? Sans téléphone portable ? Il est plus probable qu’elle ait appelé la police puis conduit jusqu’à l’hôpital. Les actions étaient séparées. L’une a suivi l’autre. Elles ne sont pas survenues simultanément.  [1]

    Maintenez l’équilibre entre les différents éléments d’une phrase

    Assurez-vous que vos sujets/verbes/syntaxe soient en accord.

    À faire : Marcher et mâcher du chewing-gum.

    À ne pas faire : Marcher et être en train de mâcher du chewing-gum.

    Points de suspension

    Utilisez-les avec modération. Sinon, lorsque vous en aurez besoin, ils manqueront d’impact. Ponctuez comme... ceci. Ou bien à la fin d’une phrase, comme cela...

    Comportement anti-héroïque des personnages

    Les protagonistes ne sont pas comme nous, ils sont comme nous voudrions être : admirables, honorables, prévenants, forts et ambitieux — dans leurs pensées et dans leurs faits et gestes. Ils ne sont pas parfaits, mais ils sont admirables. Respectez vos personnages — même vos méchants. Donnez à chacun une qualité qui le rachète, et rendez-les forts.

    Ancrer les scènes

    Montrez aux lecteurs l’endroit où la scène a lieu, où se trouvent les personnages et ce qu’ils font. Des détails concrets et spécifiques immergent le lecteur. Sans eux, le lecteur ne peut pas visualiser. Utilisez les sens, et des détails représentatifs de l’humeur des personnages. Écrivez de façon cinématographique : utilisez des mots qui créent des images distinctes et vivantes dans l’esprit du lecteur et qui transforment son humeur émotionnelle du moment.

    Intensité

    Lorsqu’ils se retrouvent dans des situations intenses, les personnages n’ont pas de pensées profondes. Ils pensent par à-coups. Par fragments. Les lecteurs lisent plus vite, ce qui communique un sens de l’urgence, d’où l’intensité.

    Point de vue

    La tendance aujourd’hui est à la troisième personne, aux points de vue multiples. C’est-à-dire un point de vue unique qui, à intervalles spécifiques, passe d’un personnage à l’autre. Certains experts recommandent un point de vue par scène, pour éviter de perdre de l’intensité.

    Suggestion : utilisez le point de vue du personnage qui a le plus à perdre.

    Débarrasser votre travail de ces pièges techniques augmente considérablement vos qualités d’écrivain et fournit moins de distractions à l’éditeur pendant sa lecture. Ce qui se traduit par moins de raisons de refuser votre travail.

    SOURCE 


  • Commentaires

    1
    luna84
    Samedi 30 Janvier 2010 à 11:23
    merci beaucoup pour tout tes conseils!
    2
    Joadar Profil de Joadar
    Samedi 30 Janvier 2010 à 11:28
    Avec plaisir :D Je ne fais que rapporter mes trouvailles sur le net :p
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