• Les remords de Tsunade (1/3)

    Les remords de Tsunade


     

    La pleine lune surplombait Konoha. Dans toute sa splendeur, le village était encore animé alors que la nuit était déjà bien entamée. Les habitants fêtaient un évènement important, qui marquait à jamais l'histoire. C'était l'excuse qui permettait également à tous les commerçants d'être encore ouverts à une heure si tardive.

    Des feux d'artifice éclairaient de plus belle les lieux. Les cris d'enfants qui jouaient à trappe-trappe ou encore à encourager des combattants s'exerçant, enflammaient énormément l'ambiance. Les rues étaient bondées de monde, qu'ils soient étrangers ou non. Toutes les personnes étaient heureuses, c'était le plus important.

    L'Hokage Tsunade regardait ce spectacle à partir de la fenêtre de son bureau. La vue qu'elle possédait sur l'ensemble du village était majestueuse. Tout était affiché, là, sous ses yeux. Les cracheurs de feu brûlaient l'air autour d'eux au niveau de la partie Ouest du village, à l'Est, c'étaient des Juunins qui présentaient leurs techniques de combat et au Sud, il y avait la grande porte fermée. Aucune activité ne dérangeait cette partie.

    C'était là où le combat de la veille avait eu lieu. Là où le monstre avait fait un carnage. Konoha s'en était remis émotionnellement, mais les dégâts étaient importants. Plusieurs habitats furent détruits, et des marques gigantesques marquaient à présent le sol et certains bâtiments. Il faudrait plusieurs mois voir années pour que le village s'en remette complètement.

    Elle repensa à ce démon qui hantait l'esprit des gens. Celui qui faisait peur à tout le monde. Mais à présent, il était mort, il était vaincu. Enfin ! Il ne causerait plus de catastrophe, il ne ferait plus de victimes. Cet être tant faussement aimé par les villageois, mais tant apprécié par ses camarades, était mort. Son enveloppe corporelle, son âme, son esprit n'étaient plus. Il était le monstre.

    Une larme perla la joue de la femme, alors qu'elle repensait aux événements précédents. Des images défilaient dans son esprit ; cette tuerie où des hommes, des femmes et des enfants ont péri. Ces images n'allaient pas se dissiper comme ça. Et elle le regrettait. Si tout avait put se passer autrement. Si seulement il y avait eu un autre moyen pour qu'il cesse ses apparitions mortelles. A présent, c'était le cas. Mais combien d'être humains avaient été sacrifiés pour en arriver là ? Une dizaine ? Une vingtaine ? Non, vingt-trois personnes avaient péri pour supprimer cette créature. Vingt-trois âmes qui éraient sur la conscience de Tsunade. Décidément, elle ne s'en acquitterait jamais. Traumatiser était un grand mot, elle était juste marquée par les actualités qu'elle eût vu en direct, la veille.

    Cette larme qui léchait sa joue droite fut rejointe par d'autres gouttes. Elle pleurait. Elle avait mal. Son cœur était lourd de souffrance. Comment supporter ça jusqu'à la fin de sa vie ? Comment y parvenir ? Mettre fin à ses jours maintenant pourrait régler ce problème. Non, elle n'était pas assez courageuse pour se suicider. Elle ne pouvait laisser Konoha ainsi. Après tout ce qu'elle avait vécue, c'était triste de voir sa vie terminer ainsi.

    Elle sortit un mouchoir d'une des poches de sa veste verte qui recouvrait son maillot blanc grisâtre. Elle essuya ses joues qui ne cessaient d'être mouillées. Ses pleurs ne lui ressemblaient pas. Ça n'allait surtout pas avec sa personnalité et son physique. Sa chevelure blonde, ses yeux marron noisette faisaient d'elle une femme mûre et insensible. Puis, son pantalon noir et ses talons provocateurs, complétaient le tout. Son aspect ne s'assemblait pas avec son esprit.

    S'emparant avec tremblements de son pendentif, elle le fixa, repensant à son ancien propriétaire. Son grand-père, le premier Hokage lui avait donné il y a de cela plusieurs années. Après sa mort, elle s'était promis de garder pour toujours ce bijou de famille. Ça lui rappelait de bons moments.

    Vous ne m'en voulez pas ?

    Une voix déchira ses pensées. Cette voix était familière, et surtout chaleureuse. Le propriétaire de cet organe qu'il contrôlait parfaitement, était tapi dans l'ombre. Le bureau n'étant nullement éclairé, il était facile d'être caché. Tsunade redressa la tête, replongeant son regard dans la ville agitée. Plusieurs secondes après, elle répondit à son interlocuteur secret.

    Non, il le fallait.

    Sa gorge tremblait. Elle était sèche et elle lui grattait. Savoir qu'il était toujours vivant lui alourdissait encore plus sa peine. Comment pouvait-elle laisser un monstre tel que lui encore vivant ? Il était un meurtrier contre son gré, certes, mais il en était un !

    Puis, c'est mieux comme ça, ajouta-t-elle toujours sa vision attirée par l'extérieur.

    Elle avait raison, c'était mieux pour tout le monde. Qu'il soit mort ou faire passé comme tel, c'était pareil, non ? Du moment qu'il ne réapparaitra plus, Tsunade n'allait pas avoir d'histoire. Elle avait peur qu'elle soit jugée comme traitresse, peur qu'une rébellion éclate.

    Que vas-tu faire, maintenant ? demanda-t-elle en tournant légèrement la tête.

    Elle voyait une silhouette. Celle d'un adolescent qui semblait innocent. Il se tenait à l'encadrement de la porte d'entrée et était appuyé contre.

    Je ne sais pas. Peut-être que j'irais parcourir le monde, toujours à la recherche du savoir.

    Et ton rêve ?

    Un silence s'imposa. Il était rempli de suspens.

    Vous savez, Mamie Tsunade, les gens changent en quelques années. Mon rêve d'enfance ne me tient plus à cœur.

    ''Mamie Tsunade''... Une seule personne l'appelait ainsi. Elle sourit en représentant le visage du garçon dans son esprit. Donc il ne voulait plus devenir le plus grand Hokage de tous les temps. Il était passé du stade enfance avec ses rêves de jeune au stade d'adolescence avec de nouveaux projets, plus réalistes.

    Il faut que je parte, je ne veux pas gâcher cette fête qui vous fait honneur, Maître Tsunade.

    La concernée se retourna. L'individu était toujours là, son visage voilé par une ombre. Il avait les bras croisés et regardait la femme. Les deux étaient complices. Ils avaient préparé la mort du monstre ensemble et tout c'était parfaitement déroulé. Il n'était pas mort. Il était juste vivant et disparaîtrait à jamais de l'esprit des habitants de ce village.

    Il se décrocha de l'encadrement et se retourna, prêt à sortir. Tsunade l'aborda :

    Naruto !

    Ledit Naruto jeta un regard par-dessus son épaule. L'Hokage se précipita à sa suite, puis lui laisser un doux baisé sur son front. Elle retira son pendentif autour de son cou pour le placer elle-même sur celui du jeune homme.

    Saches que je ne t'oublierais jamais, dit-elle prête à la limite du sanglot.

    Il acquiesça d'un signe de tête et disparut dans l'obscurité totale.

    Tsunade s'effondra sur ses genoux. Elle se remit à pleurer toutes les larmes de son corps. C'était inutile de tenter de les sécher avec son mouchoir. Toutes ses pensées se tournaient à l'instant même pour Naruto Uzumaki. Celui qui possédait en lui le démon Kyubi vivait toujours et allait un jour ou l'autre revenir.

    Elle perçut des échos venant tout droit du village, des échos annonçant la mort du démon. Le peuple était réjoui, il ne craignait plus rien...


  • Commentaires

    1
    naruto1995ist
    Samedi 22 Mai 2010 à 10:03
    waaaaaaah j'ai jamais dans toute ma vie publier un article aussi longue que ça un vrais travail ;)
    2
    Joadar Profil de Joadar
    Samedi 22 Mai 2010 à 10:04
    Merci...

    Mais c'est un petit texte ça, comparé à certains de mes écrits...
    3
    spirit wolf
    Lundi 31 Mai 2010 à 15:36
    bravo ^^ il est bien
    4
    Joadar Profil de Joadar
    Lundi 31 Mai 2010 à 15:41
    Merci. Mais, je dois corriger cette première partie ;).
    5
    spirit wolf
    Lundi 31 Mai 2010 à 15:55
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