• Je ne suis pas un monstre !

    Je ne suis pas un monstre...


    – Je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre...

    Je répète cette phrase sans cesse dans un long murmure depuis plusieurs jours, en me balançant d'avant en arrière, recroquevillé sur moi même dans un endroit lugubre, où personne ne penserait venir me chercher. Je n'ai ni mangé, ni bu et ni fait de toilette depuis que je suis en fuite, depuis que je suis ici. Mon ventre me fait horriblement mal, mes lèvres sont déshydratées et je ne sens pas bon, bien que je ne remarque pas l'odeur nauséabonde qui émane de mes habits, je sais qu'après quelques jours de transpirations dans les mêmes habits, il y a des résultats.

    Je suis bien dans cet endroit qui est devenu mon jardin secret depuis que j'y réside en me débrouillant seul. Tout de manière, je n'ai pas d'autre choix que d'être indépendant, après ce que j'ai fais, c'est normal. Mais ce n'est pas une raison de me traiter d'abominable ou je ne sais autre mots déplaisant.

    – Je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre...

    Pourtant, tout le monde pense que j'en suis un, après que j'ai commis des actes qu'ils jugent horrible. Ils me cherchent depuis quatre jours exactement, quatre jours que les forces de l'ordre, que les amis de ma famille et ma famille elle même, me pourchassent. Ils n'arriveront pas à me retrouver, car je suis bien caché.

    – Maman, papa, sœurette, je vous aime et je suis désolé si je vous ai fait du mal, je ne voulais pas... je ne voulais pas...

    Les larmes commencent à faire briller mes yeux entourés de cernes. Je ne peux retenir plus longtemps la pression, et elles perlent mes joues en grande quantités, faisant des traces grotesque sur ma peau sale. Comme une personne traumatisée par un événement marquant, je continu à me balancer, en tenant mes jambes.

    Le sol en bois non lissé commence à me faire mal aux fesses. J'ai déjà choppé plusieurs échardes sur mes mains, mes pieds et autres parties de mon corps, et c'est infecté. À croire que les lieux ne sont pas propre et rempli de bactérie. L'apparence de cette salle n'est pas du tout trompeuse. J'y ai même vu un rat mort, en état de décomposition où des vers se régalaient de sa chaire. Une chose qui aurait horrifié plus d'une personne, mais pas moi.

    – Je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre...

    J'entends au loin les sirènes des véhicules de la police qui se rapprochent de seconde en seconde. Décidément, ils auront fini à me retrouver à temps. Je me sens faible, mes forces me quittent au fur et à mesure que le temps passe. Je n'ai pas était alimenté, je n'ai pas bu une seule goutte d'un liquide, depuis la moitié d'une semaine, et je ressens à présent les conséquences. J'ai fais une erreur en ayant prit ce couteau dans la cuisine. Après ça, j'ai annoncé à mes parents que je voulais en finir, que je ne pouvais plus rester là, à souffrir par leurs mains et devenir comme eux. Ce sont des personnes qui ont deux personnalités : une gentille en la présence d'autre individu ; et une méchante quand ils sont seul avec moi. Ils m'ont répondu que j'étais un monstre, un adolescent qui ne méritait même pas de vivre puisque je – d'après eux – ne les écoutait pas, faisait tout de travers et n'accomplissait pas mon devoir. Hors, je suis quelqu'un de modèle et sage en cours, peut être que le fait que je sois toujours seul, toujours enfermés sur moi même est la raison pour laquelle ils me punissent.

    Je suis partit en courant, avec le couteaux imposant dans ma main. J'ai traversé le village, puis j'ai rejoint un endroit où je n'avais jamais mis les pieds ; une grange vieille de plusieurs décennies, rongé par les termites et le temps.

    À présent, je suis là, à hésiter de faire une connerie humaine. Cette lame parfaitement aiguisée me hante. C'est le seul moyen que tout cela s'arrête. Que je ne sois plus battu, ni humilié par les gens qui jouent le rôle de mes parents et surtout que je sois corrigé de ma seule et unique erreur.

    On est tous différent et pourtant, ma famille veut qu'on soit tous semblable, mais moi je ne veux pas être comme les autres. J'étais bien avant que tout cela se produise, avant qu'ils m'emmènent dans cet abattoir à regarder les animaux de ferme se faire découper vivants pour me montrer que l'humanité entière n'avait pas de cœur et tuait pour le plaisir. C'était sensé me faire changer de voir cela, mais au contraire, ça n'a fait qu'accroitre ma haine que j'avais envers les Hommes. Ils sont tous sont immonde avec un cœur de pierre, sauf que moi j'en ai un rempli d'amour envers les êtres vivants. C'était pour ça qu'ils me traitaient, rien que pour ça, car ils voulaient que je sois comme eux : un monstre !

    Mes yeux se ferment doucement, hors, je lutte pour les garder ouverts et faire une dernière chose. En tâtant de la main, je cherche le couteau et le trouve. Je le prends sans faire exprès par la lame et me fait une nouvelle entaille dans ma paume. J'attrape le manche par l'autre main et j'hésite. Je suis peut être fou. Comment le savoir ? Je ne suis pas dans mon état actuel. La fatigue commence à me contrôler.

    J'ai froids, je tremblotte, claque des dents et pleurent. Je ne sens aucune larmes glisser sur ma peau irrité, je ne sens plus mon cœur battre. Je joue avec le couteau de cuisine comme une marionnette exécutant les gestes d'un marionnettiste ; j'ai l'impression de ne plus rien contrôler. Puis, la lame est bloqué par quelque chose et après plusieurs petits gestes je la dégage de ce qui semblerait être mon poignet. Inconsciemment, j'avais visé les veines et avait accomplit à bien mon souhait. Ce ne fut qu'après une poignée de seconde que je sentit la douleur réellement et ça me brulait. Je versa des larmes en grande quantité, sans pour autant hurler de la souffrance que j'endurais. J'avais appris à me la fermer et à subir la douleur.

    Le couteau tombe lourdement sur le sol moisit et le rebond vint sonner dans mes oreilles comme un son lointain, voir imaginaire. Des tambours retentirent, non, c'est des pas montant à la hâte les escaliers voisin qui font vibrer le sol et les murs. La porte s'ouvrit brusquement au moment où je glissa contre le mur pour me retrouver étendu, inconscient ou mort, le sang encore chaut quittant mon corps au fur et à mesure.

    Mon sort n'était pas destiné à devenir un monstre, puisque j'avais pris ma vie en main. Enfin, le plus important pour moi est que je ne sois pas devenu un monstre.


  • Commentaires

    1
    Fredo Ficello
    Dimanche 3 Octobre 2010 à 12:46
    C'est vraiment très bien écrit ^^
    J'ai adoré ta nouvelle, même si elle est vachement triste ='(
    Continue amigo ! =D
    2
    Joadar Profil de Joadar
    Dimanche 3 Octobre 2010 à 12:48
    Je crois que je suis doué pour les histoires 'vachement' triste ^^.
    Merci une nouvelle fois à toi l'ami :D.
    3
    Kit
    Lundi 18 Octobre 2010 à 15:47
    Excellente histoire, courte et bien écrite, je m'attendais à une chute plus accentuée. Est-ce vraiment un monstre au sens propre, un être humain ou un animal de compagnie peut-être ? Enfin voila quoi. Sinon c'est très très bien, je ne dis pas le contraire, même si c'est triste ^^
    4
    Joadar Profil de Joadar
    Lundi 18 Octobre 2010 à 16:57
    J'aime bien les histoires triste, niark ! niark ! niark !
    5
    poilu111
    Mercredi 10 Novembre 2010 à 22:18
    Magnifique ! J'adore. je savais pas qu'il y avait des personnes qui aimaient écrire comme moi. Je suis super content !
    6
    Joadar Profil de Joadar
    Jeudi 11 Novembre 2010 à 09:46
    Beaucoup de personnes aiment écrire, je suis moi même étonné d'en trouver chaque jour des jeunes écrivains en herbe ^^. Ce que je fais c'est de partager ma passion à travers mes histoires.

    ''Je ne suis pas un monstre !'' est ma dernière nouvelle en date et je peux être fier de moi. Je l'aime bien.
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