• Chapitre 4

    Le foyer


     

    Il venait de courir plusieurs kilomètres sans faire une seule pause. À présent, ses jambes flageolaient comme un octogénaire venant de s'élancer sur dix mètres. Bizarrement, il se retrouva à quelques mètres de là où il s'était fait agresser la veille, par la bande de Dudley Dursley. Sur sa gauche, il retrouva la Jaguar une nouvelle fois brillante et garée impeccablement, elle n'avait pas bougée un pouce en une demie journée.

    Essoufflé par sa course, il décida de s'arrêter et d'apprécier ce moyen de locomotion de collection. Jamais il serait lassé d'un tel spectacle. Cette activité était en quelque sorte sont jardin secret ; il aimait bien admirer les belles voitures et oublier tout ce qui le tracassait dans sa misérable vie. Il faisait même une collection des identités des véhicules qui le marquait, et celle-ci l'avait frappé à l'œil la première fois.

    Alors, il décida de s'asseoir sur le trottoir et posa son sac sur ses genoux. Par maladresse, il dressa la capuche de sa veste sur sa tête et d'un rapide geste, il la remit à sa place. Une fois le sac à dos ouvert, il plongea la main à l'intérieur et en sortit une trousse banale puis tâta à la recherche d'un classeur dont la couverture était dessinée en noir et vert ; couleur typique du camouflage militaire. Étrangement, il n'y était pas. Ce classeur était sa propriété privée, en quelque sorte son journal intime qui possédait plusieurs parties et d'habitude, il l'avait toujours sur lui, ou du moins, dans son sac à dos. Et aujourd'hui, il n'y était pas. L'adolescent jura. S'il l'avait perdu, il ne s'en excuserait jamais. Dans son classeur aux multiples dossiers qui ne concernait que lui et uniquement lui, ce trouvait des informations confidentielles et des notes de ce qu'il pensait sur le monde qui l'entourait.

    Drôlement, ses pensées se tournèrent vers la discussion de la nuit dernière et du matin même, il y a peine une demie-heure. Ce professeur Dumbledore était vraiment bizarre. Peut être que la vieillesse l'a fait perdre la tête. Mais après tout, le gouvernement de chaque pays cachait bien des secrets qui pourraient être les causes d'une émeute mondiale, et peut être que le monde des Sorciers faisait partit de l'un de ces secrets. Si seulement Nolan pouvait le savoir, alors sûrement il aurait cru aux balivernes du vieil homme. Mais, les êtres qui étaient présents à la maison de Sirius Black semblaient y croire. Ça devait être de sacrés comédiens, car déjà d'une, ils ont inventés des mots surtout avec le mot Moldu qui désigne des personnes ne pratiquant pas la magie, et de deux, la technologie visuelle était surprenante ; l'image en 3D de cet Elfe de maison était complétement surprenant tout comme celui du loup garou, semblaient presque réel. Rien que la pensée du tableau de la vielle femme qui bougeait, donna le sourire aux lèvres de Nolan. Ce n'était qu'un canular visant sa personnalité, et il était tombé dedans. Pensivement, il félicita les figurants ainsi que les réalisateurs de cette blague. Il s'en voulu même d'avoir tremblé sous les menaces de certains individus, ce fut la preuve qu'il était complétement submergé par ce monde digne d'un écrivain à l'esprit tordu. Harry Potter et le fils Dursley doivent être également tout les deux complices à cette farce. Ils ont même dû sacrifier une voiture pour rendre la chose encore plus réel.

    Nolan soupira, le regard perdu sur la Jaguar. Il ferma son sac à dos et se releva une fois être reposé assez longtemps pour continuer sa route jusqu'à son foyer qui se trouvait à quelques pattés de maisons. Ses éducateurs devaient être également dans le coup.

    Il tourna à une rue et cessa tout mouvement. Devant lui se présentait un spectacle saisissant : une voiture au capot complètement déformé par un poids lourd invisible. Des rubans en plastique entouraient le lieu de l'accident. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la voiture était garé comme il faut et il n'y avait rien qui pouvait dire ce qui avait provoqué l'accident ; aucun dérapage sur le sol goudronné, aucune tuile tombée d'un toit voisin, rien. Par contre, il y avait quelques trace de sang. Ce fut cet élément qui donna la puce à l'oreille de Nolan. Le loup garou qui l'avait poursuivit, avait sauté sur cette voiture et avait fait fuir par la même occasion Dudley Dursley et sa bande. Nolan avait remarqué des taches de sang sur la fourrure de l'animal et des dents ensanglantées. Certaines goutes avaient dû donc tombées.

    Pour que la police se mêle de ce problème, cela signifiait donc que ce n'était pas un canular mais belle et bien la réalité. L'adolescent eut une convulsion et des frissons parcoururent son corps. Il repensa à l'attaque qu'avait fait contre lui cet homme à l'œil artificiel et à la proposition de Dumbledore. Travailler pour lui... avec ce demi géant nommé Hagrid... travailler pour une école, et pas n'importe quelle école ! une école de sorcellerie ! Peut être qu'il serait mieux là bas que de son foyer. Non, pourquoi pensait-il à ça. Il ne connaissait rien de ce monde inconnu, à part le nom de l'école : Poudlard ; et le jeu Quidditch ainsi qu'un joueur, Viktor Krum. Des gens non civilisés en plus ; leurs armes sont des bouts de bois, et non une arme à feu. Mais ce bout de bois était magique et lançait des sortilèges mortels ou non.

    Nolan se promit qu'il songerait au plus vite à ce choix difficile et prendrait une décision avant le lendemain midi. Décidément, il ne savait plus dire ce qu'était vrai de ce qui était faux.

    Pas par courage, mais plutôt par envie, le jeune homme reprit son chemin et passa à côté de la zone délimitée par le ruban jaune fluo. Il traversa deux rues déserte et remarqua à cet instant que le ciel était complètement noir.

    Un temps de chien, pensa-t-il en regardant les premiers éclairs zébrer le ciel. Je ferais mieux de me dépêcher avant de me prendre la première averse.

    Il aurait plutôt mieux fait de ne pas rêvasser, car aussitôt sa pensée dite, aussitôt les premières gouttes tombèrent en trombe. En quelques instants, il se retrouva entièrement mouillé. Ce n'était pas un crachin, mais ça pleuvait comme vache qui pisse. Cinq minutes suffirent à ce que les gouttières guide l'eau jusqu'au sol, et à ce que les égouts soient utilisés. Maintenant qu'il était mouillé, autant en profiter pour se décrasser.

    Une fois fait, il traversa deux pattés de maisons et se retrouva à la limite de Little Whinging. Le foyer de Nolan Daïl était construit à l'angle de deux rues. Il se dressait sur plus de quatre étages et possédait une dizaine de chambres pour les pensionnaires et les deux éducateurs. Il retrouva ce bâtiment familier et fut soulagé de le voir enfin. Par contre, les deux voitures de police présent devant celui-ci ne devaient pas être là. Les girofars bleus tournoyaient dans une lenteur répétitive. Nolan se demanda pourquoi y avait-il les forces de l'ordre dans son foyer. Était-ce à cause d'un interne qui avait fait une bêtise ? Ou était-ce lui même ? La deuxième option s'avérait être la bonne. D'après une loi destiné aux foyers, les éducateurs avaient l'ordre de prévenir la police de la disparition d'un pensionnaire au delà de vingt-quatre heures. Et pour Nolan, ça faisait plus de ce délai. Il était la raison de la présence des agents.

    Juste à ce moment, la première averse cessa et un rayon de soleil filtra à travers les épais nuages. Malchanceux, voilà le mot juste qui allait actuellement pour l'adolescent.

    Il prit son courage à deux mains et passa entre les deux voitures en regardant à l'intérieur. Les fenêtres ouvertes, des appelles lancés depuis le central, adressés à d'autres policiers en service crachouillaient à travers les parasites de la radio. Il grimpa les quelques marches menant à la porte d'entrée et une fois devant celle-ci, il souffla, tenta de se coiffer correctement, plissa son pantalon sale et sa veste et poussa la lourde porte. Une chaleur étouffante s'échappa par cet endroit et une porte claqua juste avant que Nolan ait refermé celle d'entrée derrière lui.

    Des pieds de chaises trainant sur le sol résonnèrent alors qu'il quitta ses chaussures et chaussettes trempées et marcha sur un tapis doux. La luminosité de l'extérieur éclairaient parfaitement les lieux et des ombres se dessinèrent sur le mur face à Nolan. À côté de ce mur, les larges escaliers menant à l'étage supérieur, là, un jeune homme descendit. Noir de peau, un bonnet sur la tête, il dévisagea le jeune Daïl. Plus âgé que lui, il était cependant plus petit mais semblait avoir peur de rien.

    J'en connais un qui va s'en prendre plein la gueule, avertit le jeune homme en remontant les escaliers.

    Nolan resta planté sur place. Il s'attendait à se faire remonter les bretelles brutalement, mais après tout, ce n'était pas de sa faute de son absence. Qui le croirait ? C'était jamais la faute de personne de toute façon.

    Une femme d'une quarantaine d'années fit irruption en trombe dans le hall et se jeta dans les bras de l'arrivant. Prit par surprise, il tituba légèrement et reprit son équilibre puis serra dans ses bras son éducatrice. C'était une petite femme blonde qui était rongée par la fatigue depuis qu'elle n'avait plus eu de nouvelle de la part de Nolan. Sitôt après, l'éducateur – un grand homme aux cheveux gris et au visage dévoré par les rides – arriva, accompagné de trois personnes en costume commun.

    Oh Nolan, que je suis contente de te retrouver, je me suis fait un sang d'encre à ton sujet.

    Sans desserrer son emprise, la femme parla dans un murmure profond. Sans savoir pourquoi, Nolan était l'adolescent préféré de Malorie – l'éducatrice –, contrairement à François – l'éducateur –, rendant plus ou moins jaloux les autres jeunes du foyer. François avait déjà battu Nolan à plusieurs reprises. Ce dernier n'avait jamais porté plainte, ni même la femme. Personne à vrai dire, tout le monde avait peur de cet homme, tout le monde sauf quelques pensionnaires.

    Je vais bien, arriva à articuler Nolan, je vais bien. Je suis juste frigorifié, mais je vais bien.

    Frigorifié ? s'étonna François. C'est une journée d'été, il fait une chaleur comme pas possible, comment peux tu avoir froid ? Et pourquoi tu es mouillé ? Il flotte dehors ?

    Nolan repoussa Malorie légèrement et regarda son interlocuteur avec bizarrerie puis répondit avec ironie :

    Non, non, tu vois, je transpire énormément ces derniers temps et aujourd'hui on voit parfaitement le résultat de mes efforts.

    L'homme s'avança d'un pas et fit un léger geste de la main. Il s'interrompit en sachant que des policiers étaient à ses côtés. À ce mouvement, Nolan avait reculé de quelques centimètres et l'éducatrice c'était imposée devant lui, pour le défendre.

    Comme s'il n'avait rien vu, le plus vieux des policiers jeta un œil sur le bloc note qu'il avait entre les mains et dévisagea Nolan. Il vit qu'il était légèrement blessé à la tête et qu'il avait ses vêtements sale et troué.

    Jeune homme, commença-t-il, vous nous avez fait une peur bleue à tous. Votre disparition volontaire ou non, nous a fait perdre un temps précieux. Mais comme nous sommes ici, j'aimerais vous poser quelques questions. Puis-je ?

    Nolan acquiesça d'un brusque signe de tête. Le groupe se dirigea vers le salon, où une longue table en bois prenait la moitié de la place. Des chaises poussées étaient présentes et l'adolescent s'installa à l'une d'elle, sans se soucier qu'il était toujours mouillé et tremblait légèrement.

    L'agent âgé nota quelque chose sur une page de son cahier et regarda droit dans les yeux le jeune homme.

    Très bien, monsieur Daïl. Pouvez-vous nous dire où vous étiez durant la nuit dernière et pourquoi cette absence. Ce que vous avez fait, ce que vous avez mangez pour le dîner, où vous avez dormit et ce que vous avez déjeunez.

    Nolan leva un de ses sourcils en signe d'interrogation.

    Pour un questionnaire de flic, il est assez spécial.

    C'est le questionnaire réglementaire en cas d'une disparition. On veut savoir si vous avez été potentiellement drogué, si vous avez eu des rapports sexuels, ou si vous...

    Je n'ai été absent qu'une nuit ! coupa sèchement le jeune Daïl. J'étais absent de mon plein grès. J'ai le droit de me retirer un peu et de vivre librement ne serait-ce qu'une nuit, non ? C'est trop demandé ?

    Sans remarquer, il avait haussé la voix et à présent, il sentit tout les regards le verrouiller et se fit plus petit. Trois pensionnaires épiaient la conversation à partir de la porte, et Nolan savait qu'il y en avait plus qui les écoutaient.

    Veuillez répondre aux questions, s'il vous plaît, insista l'agent de police. Et n'essayez pas de mentir.

    Sous le regard encourageant de Malorie, Nolan expliqua :

    J'ai... J'ai été attaqué par un loup sauvage.

    À ses mots, François piffa silencieusement, contrairement aux adolescents qui les écoutaient.

    Ne dit pas de sottise, Nolan, ne prend pas ces agents pour des imbéciles, fit l'éducateur en se redressant sur sa chaise.

    Mais c'est vrai ! protesta le jeune homme. J'ai été attaqué par un loup. J'ai courut pour ma vie, car il ne voulait pas me lâcher. Je suis tombé à plusieurs reprises, et un moment donné, j'ai perdu connaissance, et je me suis réveillé sur les coups de midi d'aujourd'hui même, mentit-il.

    Nolan !

    François se leva de son siège et fit renverser celui-ci. Avant de dire quoi que ce soit de plus, le membre des forces de l'ordre le plus jeune s'interposa :

    Monsieur, calmez-vous s'il vous plait. D'après certains témoignage de l'accident voisin de la veille, un loup sauvage aurait en effet était aperçut à plusieurs reprises dans les quatre coins de Little Whinging. Cet animal aurait bien pût poursuivre monsieur (il montra de la main Nolan) pour une raison inconnue. C'est tout à fait possible.

    Pour la première fois de sa vie, Nolan avait une preuve de ce qu'il disait, bien que ce loup sauvage soit en fait un loup-garou. Il se sentit bien à cet instant précis car quelqu'un le croyait dans ses dires. Depuis toujours il rêvait d'avoir des preuves sur ses expériences, et aujourd'hui il en avait une. Aujourd'hui était un grand jour pour Nolan Daïl, il se promit qu'il noterait cet événement dans son classeur, une fois qu'il l'aurait retrouvé.

    François se rassit à sa place en lançant un regard noir à l'adolescent. Il allait le punir dès qu'il en aurait l'occasion et sévèrement.

    D'accord, fit le policier âgé en notant des choses. Et, c'est tout ce que vous avez à nous dire, jeune homme ?

    Oui, monsieur.

    Vous êtes sûr ? Vous n'avez pas subit de choc émotionnel ou autre ?

    Non, monsieur.

    Très bien, dans ce cas nous en avons terminé avec vous. Mais, si quelque chose – que ce soit un infime détail – vous revient, prévenez nous, car ce loup sauvage n'a toujours pas été capturé et vagabonde encore en liberté dans le quartier ou dans Londres même. Faite attention à présent.

    Je ferais attention, monsieur, ne vous inquiétez pas pour ça.

    Malorie posa une douce main sur celle de Nolan, et au contact de la peau contre peau, le jeune homme eut un sursaut.

    Pouvez vous nous laisser, nous aimerions discuter avec vos éducateurs.

    Sans broncher, Nolan se leva et monta à l'étage pour se changer et se nettoyer. En montant les escaliers, il rencontra des pensionnaires qui avaient assistés à la discution. Ils ne lui souhaitèrent même pas la bienvenue et le bousculèrent.


     

    *

    **


     

    L'eau chaude coulée à flot sur son corps crasseux. Ça faisait dix minutes qu'il était sous la douche et il ne se lasserait jamais du contact de cette eau sur son corps.

    Il pensait que se décrasser lui aurait vidé la tête, mais il ne pouvait s'empêcher de songer à la maison des Black's et à ses habitants. Cette Nymphadora aux cheveux rose qui l'avait secourue, cette Hermione Granger séduisante tout comme la Ginny Weasley. Et Harry Potter... le Harry Potter qui était également un sorcier. Il n'arrivait pas à y croire. Le demi géant qui occupé le post de garde forestier à l'école de Poudlard ; Kreattur, l'elfe de maison ; Dumbledore, le directeur de Poudlard qui avait la centaine d'années passé... Nolan sourit en repensant à cet homme. Il avait gagné durant le duel des yeux, mais peut être que la prochaine fois ça ne serait pas pareil.

    S'il acceptait la proposition du vieil homme, que deviendrait-il ? Serait-il aimé ou haïe par les écoliers de cet école ? Quel serait son rôle ? Adorerait-il sa vie là bas ? Que des questions dont il aimerait bien connaître les réponses. Tout de manière, il avait jusqu'au lendemain midi pour faire son choix, ça lui laissait largement le temps, bien qu'il aurait préféré avoir un peu plus de temps.


     

    *

    **


     

    Il prit la décision de réfléchir à son sujet et passa toute l'après midi à faire les cent pas dans sa chambre. Il avait refusé le repas apportée par Malorie et n'avait accepté qu'une pomme. Son ventre criant famine, il ne voulait pas voir les autres pensionnaires, ni même ses deux éducateurs. Il n'avait pas la tête à ça.

    Durant des heures, il nota sur une feuille blanche qui traînait sur son bureau, des informations sur lui : ses capacités physique et intellectuelle. Puis, chercha dans des encyclopédies de la bibliothèque du foyer des articles sur les activités des gardes forestier. Ceux-ci avaient pour mission de s'occuper d'une forêt qui leur était attribuée. Ils devaient surveiller les bois, chasser les intrus, aider les animaux en détresse, faire tout un tas de chose concernant les forêts. Cela n'avait pas l'air bien compliqué. Hagrid, le demi géant possédait sûrement une force Herculéenne, donc pour lui ça ne devait pas poser problème. Nolan était un adolescent maigre mais plutôt agile et débrouillard, ça posait problème.

    Mais si Dumbledore lui avait proposé ce post, c'était bien pour une raison. Mais laquelle ? Parce que Nolan connaissait des choses sur le monde des Sorciers et le sort Oubliette n'avait pas fonctionné sur lui ? Non, c'était assurément pour autre chose dont seul le vieil homme savait.

    Alors que la nuit tombait, le jeune homme alluma la lampe de bureau et cacha son visage dans ses mains. Il souffla. Pourquoi la vie était-elle si compliquée ? Pourquoi devait-il endurer ceci ? Et s'il se donnait la mort volontairement, il n'aurait plus de problème aussi important. Un loup garou en veut après lui, et des Sorciers veulent l'aider. Que ce passait-il autour de lui ?

    Tandis qu'il se leva de son siège de bureau, il entendit un son étrange : toc ! toc ! toc ! Il ouvra la porte de sa chambre et vit personne de l'autre coté mais entendit un brouhaha à l'étage inférieur. Toc ! toc ! toc ! Ça ne venait pas de la porte mais de derrière lui. Il tourna sur lui même et vit une ombre sur le rebord de sa fenêtre. Toc ! toc ! toc ! Une chouette blanche comme neige était présente et toquait avec son bec contre la fenêtre. Nolan s'avança sur ses gardes et ouvrit avec le bras tendu la fenêtre. Aussitôt, l'animal rentra dans la chambre, fit un tour au dessus de sa tête, et se posa sur le bureau. Elle avait un morceau de papier plié, accroché à une patte que l'adolescent s'empressa de prendre.

    La chouette hulula férocement et battit des ailes.

    Chut ! Tait-toi, on a pas le droit aux animaux ici ! Ne me mets pas plus de problèmes sur le dos, tenta Nolan mais en vain.

    Il déplia le papier qui était en fait un article de journal du nom de ''Gazette des Sorciers'' que Nolan ne connaissait pas. Par curiosité, il lu le sujet :

    Un Moldu attaqué et dévoré par un garou

    par Rita Skeeter

    Hier soir, très tard, un événement non commun a attiré les membres du Ministère de la Magie dans les rues de Little Whinging, l'endroit même où a était élevé le jeune et célèbre Harry Potter. Tout pensait à croire que l'accident concernant Potter, mais une fois sur place, certains témoins Moldu ont expliqués qu'ils avaient vu ce qu'ils appellent un ''loup sauvage'' poursuivre un jeune de leur espèce.

    Malheureusement, personne ne retrouva ce garçon, ni le loup garou d'ailleurs. Tout pense à croire que le garou a dévoré le Moldu. Chose tout à fait surprenante car comme vous le savez, les garous ne s'attaquent jamais aux Moldus sans une raison valable. L'enquête est toujours en cours, le Ministre de la Magie en personne a déclaré dans la matinée que plusieurs prisonniers d'Azkaban se sont évadés peut avant l'évènement et qu'il y aurait peut être un rapport.

    D'après les éducateurs de l'adolescent Moldu, ce dernier était une personne tout à fait étrange qui aimait s'inventer des choses. Des sorts d'amnésies ont bien sur étaient lancés sur les Moldus qui ont témoignés tout ce qu'ils savaient sur Nolan Daïl.

    Encore plus étrange, il se trouve que Nolan Daïl ait été en contact avec Dudley Dursley – le cousin de Harry Potter – peut avant sa mort. Trop de coïncidence tue le hasard. Ce qui est sur, c'est que cet accident n'est pas prêt d'être jeté dans les oublis.

    D'autres informations supplémentaires viendront dans les jours à venir compléter cette enquête.


     

    Mais je ne suis pas mort ! marmonna Nolan. Je n'ai pas était dévoré ! Et d'ailleurs, comment savent-ils toute ces informations là ? Ils parlent de mes éducateurs... ils sont venu au foyer ?!

    Il n'arrivait tout bonnement pas à y croire. Encore une preuve de l'existence du monde des Sorciers, mais, qui l'avait envoyée ? Quelqu'un qui devait sûrement le connaître. Une personne qu'il avait rencontré la veille ? Peut être. Néanmoins ça foutait les pétoches se genre d'article. Des gens le croyait mort... Peut être que dans les journaux locales du lendemain, il trouverait le même sujet annonçant sa mort. Pas possible, des agents de police l'avait vu et questionné. En tout cas, les journalistes de la Gazette des Sorciers possédaient de bonnes sources et étaient vite au courant.

    Puis les membres du Ministère de la Magie ressemblaient à la police Moldu. Décidément, Nolan ne savait plus ce qui était bizarre de ce qui ne l'était pas.

    La chouette hulula une nouvelle fois pour faire signe de sa présence. L'adolescent sortit d'un de ses placards un gâteau sec qu'il donna à l'animal volant. Celui-ci s'empara de la nourriture par le bec et s'envola à l'extérieur de la chambre par là où il était rentré, laissant Nolan seul. Il frissonna après un courant d'air et se hâta de fermer la fenêtre.

    La fatigue s'emparant de Nolan le força de se préparer à se coucher. Il bâilla et se mit en caleçon. Puis, il prit son sac à dos et changea le rechange de l'intérieur. Il ajouta également son argent de poche, une paire de chaussures. C'était au cas ou. Mieux valait se préparer au pire comme au meilleur.

    Juste avant de se rallonger, il se contempla au miroir de sa chambre. C'est vrai qu'il était maigre. Mais, on voyait bien ses muscles et même certaines côtes. Des grains de beauté sur son torse, des yeux verts tirant sur le bleu, et ses cheveux couleur auburn protégeant ses oreilles ; pour lui, il n'était pas un adonis, ni très moche et il ne comprenait pas pourquoi il n'avait jamais eu de conquête amoureuse. Il était certes bizarre, mais aucune jeune fille n'avait voulu le connaître plus que son physique, elles s'arrêtaient tous là, se sont toutes les mêmes de toute manière.

    Il en avait déjà aimé plus d'une, mais ce n'était pas réciproque, comme si il les repoussait tous.

    Devant la glace, il s'arrêta sur plusieurs positions et mima le penseur, puis l'homme musclé. Il y avait une grande différence entre les hommes qui développaient leurs muscles pour la compétition et/ou draguer des filles. Nolan, lui, se musclait quand il avait envie et uniquement pour lui.

    Enfin, il cessa son délire et s'allongea sur son propre lit et se sentit à l'aise. Il s'endormit quelques instants après.


     

    *

    **


     

    Ouvre !

    Boom ! boom ! boom !

    Ouvre moi Nolan ! aboya François de l'autre côté de la porte.

    L'adolescent ouvrit un œil pensant que ce n'était qu'un rêve et attendit une poignée de secondes pour en être sûr. Par malheur, ce n'était pas un rêve. Des coups sauvage contre la porte la faisant vibrer firent sauter du lit Nolan.

    Il chancela de droite à gauche, toujours à moitié endormit et se tint à son bureau. Il vit qu'il n'avait pas éteint sa lampe et que le jour se levait à peine. Que se passait-il pour qu'on le réveille ainsi ? Y avait-il le feu ? Non, sinon il y aurait eut l'alarme d'incendie déclenchée. Mais, François semblait énerver sur Nolan. Pourquoi ? Par rapport à la veille et à ce qu'il avait raconté aux policiers ? Certainement, et il allait une nouvelle fois le punir. Le jeune Daïl ne pouvait se laisser faire. Il n'avait pas fait la demande de se faire placer dans un foyer parce qu'il avait des parents violent, pour se faire tabasser une nouvelle fois par son éducateur.

    Donc, il prit un pantalon-court blanc et se pressa de l'enfiler. Une fois fait, il prit les chaussures de son sac, les enfila sans chaussettes et s'attaqua au tee-shirt. Avant qu'il eut put le mettre, la porte craqua et explosa en morceaux, laissant François entrer. Il semblait enragé et avait les cheveux en pétards. Il grogna et de la bave semblait couler le long de sa bouche.

    Ne bouge plus Nolan ! tonna-t-il. Tu vas avoir ta correction !

    Non ! répondit le concerné en prenant son sac d'une main et son haut blanc de l'autre. Je ne veux plus souffrir par vos mains !

    L'homme fonça comme un bélier sur Nolan qui se trouvait devant le bureau. Le sol vibra à chacun de ses pas et il continua toujours de grogner. Au dernier moment, Nolan sauta sur le côté ; sur son lit. Grâce au matelas, il fit un bond et se retrouva de l'autre côté. François eut juste le temps de contourner le lit et se retrouva une nouvelle fois face à sa victime. Il sauta sur lui et le serra dans ses bras. Nolan tint prise sur les choses qu'il avait en mains et se sentit étouffé. Ses pieds quittèrent le sol alors qu'il était entrain d'être étranglé. Son pied gauche toucha quelque chose, et l'adolescent mit tout son poids dessus, puis poussa. Sous la force de cet élan, il donna un coup de tête à la mâchoire de son agresseur et ce dernier lâcha prise. Nolan en profita pour s'échapper. Il courut jusqu'au couloir, là, des pensionnaires réveillés par le boucan c'étaient précipités à savoir ce qui se déroulait dans la chambre voisine.

    L'adolescent torse nu bouscula plusieurs jeunes en se frayant un passage jusqu'aux escaliers. Là, il les descendit trois à trois et il sortit aussi vite qu'il pouvait du foyer. Une fois dehors, il sentit la fraicheur lécher son corps et se dépêcha de se revêtir de son tee-shirt sans s'arrêter de courir.

    Des larmes perlèrent ses joues tandis qu'il traversa une rue, une voiture klaxonna alors qu'elle venait juste de quitter sa place. C'était l'heure d'aller au travail pour gagner sa vie, Nolan ne connaissait pas encore ça.

    Il entendait au loin son prénom crié par la voix grave de François, mais il n'y prêta guère plus attention. Ce qu'il voulait c'était de partir loin et vivre une vie plus ou moins normale, là où il pourrait faire ce qu'il veux. Or, il fallait qu'il affronte avant tout les problèmes qui l'assaillaient, chose une nouvelle fois difficile.

    Que deviendrait-il à présent ? Où vivrait-il s'il n'était pas en sécurité au foyer ?

    Il n'avait à présent qu'une seule chose à faire : aller au rendez-vous au Chaudron Baveur et affronter son destin.


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    Chapitre 3

    Un choix


     

    À chacun de ses pas, il redoutait ce qui allait lui arriver. Les marches grinçaient sous son poids, tandis qu'il retenait sa respiration dans toute sa descente. Descendant la dernière marche des escaliers menant aux étages inférieurs il entendit Kreattur parler. Curieux, Nolan s'intéressa à savoir avec qui l'elfe conversait, alors, il interrompit sa progression vers la cuisine éclairée – comme si les habitants de la demeure n'ouvraient jamais les volets pour illuminer les lieux de la lumière du jour.

    Quand l'adolescent s'était réveillé il y avait tout juste cinq minutes, la solitude s'était emparée de lui. En effet, être seul à son réveil dans une chambre inconnue, ne lui plaisait guère. Alors, avec motivation et lassitude, il s'était soumit à rejoindre le rez-de-chaussé seul afin de rejoindre les habitants de la maison des Black's. Bizarrement, il avait trouvé ses chaussures au pieds de son lit et il n'avait pas hésité à les enfiler.

    Nolan érafla du bout des doigts le mur de droite. Tout comme celui de gauche, il était vierge de tout cadre enfermant une quelconque photo de famille. Il ne s'attendait pas à trouver des tableaux, vu l'état de la demeure. L'espace à l'intérieur du bâtiment était impressionnant et voir que seulement une poignée de personnes l'habitaient, rendait le jeune homme jaloux. Lui, comme beaucoup d'êtres humains demandaient un toit pour toujours, et même une famille ainsi que des amis. Chose que les individus présents dans cette habitation possédaient. Nolan les enviait.

    La voix de l'elfe de maison se rapprochait de plus en plus. Le hall d'entrée se présenta devant le jeune homme, contrairement au reste de la maison, il y avait des portraits qui ornaient les murs. Le sol en parquet trahit le jeune homme quand Kreattur se retourna aussitôt pour le foudroyer du regard. Emplit d'effroi, Nolan sursauta en voyant la petite créature lui faire une grimace qui avait pour but de de le faire fuir. N'ayant aucune raison de prendre ses jambes à son cou, l'adolescent s'approcha de l'elfe qui avait une main sous des rideaux rongés par les mites. Rouge à la base, les caches – qui cachaient forcément quelques choses – étaient à présents d'un gris qui se fondait avec les murs.

    Kreattur jeta un mauvais regard a Nolan qui tenta de l'ignorer, mais en vain. Il gonfla sa poitrine et s'approcha un peu plus de lui.

    C... C'est par là, la sortie ? demanda-t-il en montrant du doigt une porte en face.

    Pas de réponse. Au lieu de ça, le serviteur de la maison familiale se retourna vers les rideaux.

    Ils ont souillés la maison avec ce Moldu, je ne permettrais pas qu'ils salissent ce qui me reste de vous.

    Harry n'avait pas expliqué à Nolan que l'elfe était également fou et peut être dangereux. Pourquoi ne répondait-il pas à sa question ? Il ne savait pas ou il n'avait plutôt pas envie ?

    Ledit Moldu ne voulait qu'une chose : aller le plus loin de cet endroit de fou. Bien qu'il savait depuis toujours que les loups-garou existaient et que le monde cachait plus d'une chose, il ne pouvait croire que cela se passait bel et bien. Trop de choses aussi folle qu'elles soient se passaient et il en était les causes. Prendre l'air lui ferait le plus grand bien.

    Bon, euh... Tu parles à qui, Créature ?

    Kreattur ! corrigea le concerné en laissant échapper un souffle agressif.

    L'elfe jura tout bas et sans quitter des yeux les caches, il expliqua :

    Que dois-je faire, maîtresse ? Que dois-je faire ?

    Contre tout attente une réponse eut lieu :

    Neutralise ce Moldu ! cracha la voix d'une femme désincarnée.

    Mais, maître Sirius Black ne sera pas content de Kreattur. Si j'élimine le Moldu, il va encore corriger Kreattur, et Kreattur ne peux se permettre de souffrir encore.

    C'est le rôle d'esclave d'obéir à sa maitresse, Kreattur ! Tu en subiras les conséquences s'il le faut mais exécutes mes ordres !

    En guise de réponse, le serviteur fit une courte révérence et se retira sans quitter des yeux le sol recouvert de poussière. Il disparut dans un des incalculable couloir du bâtiment. Nolan profita de son absence pour savoir à qui il s'adressait. Durant la conversation entre Kreattur et sa... maîtresse, il n'avait osé faire signe de sa présence. D'après ce qu'il comprenait du vocabulaire qu'employaient les compères, ils tentaient de non l'assassiner en cachette, mais de le tuer, par n'importe quel moyen.

    Un pas, puis un autre et il s'arrêta devant les caches. Aussi lentement qu'un escargot, il souleva ses mains et les précipita devant lui. Avant qu'il rentre en contact avec le tissu fragile, ce dernier s'étira des deux côtés pour laisser apparaître un tableau. Par réflexe, Nolan fit un bond en arrière. Voyant qu'il ne s'agissait que d'un portrait d'une dame, coiffée d'un chapeau noir qui semblait l'observait, il fut soulagé. Puis, s'apprêtant à refermer les rideaux, la vielle dame représentée dans le cadre se mit à bouger et à s'adresser agressivement à lui :

    Comment oses tu poser tes mains sur moi ?!

    Un cri suivit d'un sursaut échappa à Nolan.

    Les douze coups de midi venant de l'église de Londres lui rappela qu'il était éveillé. Se hâtant de rejoindre la sortie, il oublia de tirer les caches et à la porte qu'il avait aperçut plutôt, il posa la main sur la poignée ronde et s'aperçut qu'il n'avait pas le poids de son sac personnel sur son dos. Il jura en pensant aux affaires dedans ainsi que son argent. Faire marche arrière pour le chercher allait le dénoncer aux habitants de la maison, il fallait donc l'oublier et fuir sans. Si ses éducateurs lui demanderaient où il était durant cette nuit et ce qu'il a fait de son sac, il répondrait qu'il fut attaqué par un loup sauvage. Personne ne le croirait sûrement mais c'était une raison valable.

    La poignet se tourna, sauf qu'une force venant de l'extérieur déclenchait ceci. Nolan en fut plus que surpris quand la porte se poussa vers lui. Il s'écarta de plus belle quand il vit la lumière éclatante de la journée l'aveugler et et un homme qui paraissait avoir la centaine d'années se dresser au seuil de la porte. Une longue barbe grise pendait jusqu'à ses genoux, des lunettes en demi-lune au bout du nez et une chemise de nuit en guise d'habit décrivait cet inconnu. Il ne parut pas surpris de voir l'adolescent.

    Bonjour, Nolan, fit-il avec un sourire au bout des lèvres.

    Bon... Bonjour, répondit le jeune homme sans cesser de reculer. Comment connaissez vous mon nom ?

    Toujours le sourire aux lèvres, le vieil homme rentra et ferma la porte derrière lui, plongeant de nouveau le hall d'entrée dans une légère obscurité.

    Je me nomme Albus Dumbledore, je suis un ami des personnes qui t'ont recueillit. Ne t'inquiète pas, je ne te ferais pas de mal.

    Un rictus retentit à la fin de sa phrase.

    Les jambes qui flageolaient, Nolan recula jusqu'à qu'une main dans son dos lui fit tressaillir. La mère Weasley ainsi que les autres individus de la veille et trois êtres en plus, se trouvaient derrière lui.

    Ah, Dumbledore. Il me semblait bien avoir entendu du bruit, expliqua la mère de famille.

    Le concerné acquiesça d'un signe de tête ; sa façon de dire bonjour à tout le monde d'un seul coup.

    Je vois que tu as fait la connaissance de notre invité, continua Molly d'une voix joyeuse. Je ne sais pas ce que tu nous proposes, mais, nous ne pouvons rien faire envers ce jeune homme.

    Je regrettes de mon retard, mais comme vous a signalé Hagrid, j'ai des problèmes à régler au plus vite, et celui de Nolan en fait partit.

    L'adolescent jeta un coup d'œil au dessus de son épaule et remarqua un homme non présent la veille. Personne ne pouvait louper cet individu se trouvant tout derrière. C'était un demie géant, limite à ce qu'il prenne la tête au plafond. Aussi enveloppé qu'un ogre, il possédait une barbe mais moins longue que celle de Dumbledore.

    Très bien, discutons de ça dans le salon, invita du bras Arthur en montrant le long couloir où sur la gauche se trouvait la cuisine.

    Sans plus attendre, la quinzaine d'individus se dépêcha de rejoindre la salle en question où ils auraient toute la place et le loisir de converser. Poussé par la mère Weasley, Nolan suivit le groupe et rentra dans le salon.

    Une fois que toute âmes fut installée, Nolan remarqua deux personnes qu'il n'avait pas vu la veille. Une jeune fille de treize-quatorze ans aux cheveux roux qui devait être Ginny et donc la fille de la famille Weasley – composé de Arthur, Molly, Fred, George, Ron, enfin, de ce que Nolan savait d'eux. L'autre, était une jeune femme aux cheveux rose et au visage angélique. Fred lui avait soufflé avant de rentrer dans la salle que cette femme se nommait Nymphadora. C'était cette jeune femme qui avait secourut le Nolan la veille. Ce dernier en fut gêné.

    Il s'assit sur un siège entre deux fauteuils et face à lui, Dumbledore le regardait sur sa propre chaise. Hagrid ainsi que Alastor se tenaient debout prêt de l'entrée, le reste des personnes fut placé aléatoirement sur les canapés. Nolan aurait juré que cette salle était celle où il avait atterrit la veille au soir. Seulement, plusieurs sièges furent ajoutés.

    Bon, commençons par le commencement, dit Dumbledore en se tournant vers la femme aux cheveux rose. Nymphadora, dis nous pourquoi tu as ramenée Nolan ici, dans le Quartier Général de l'Ordre ?

    Tout les regards se pointèrent sur la concernée, comme si elle allait témoigner d'un crime au tribunal. Sans aucune timidité, elle s'exprima :

    Hier soir, je faisais ma ronde comme à mon habitude dans Little Whinging. J'étais en train de surveiller le cousin de Harry – Dudley Dursley – et sa bande de voyou quand ils ont accostés verbalement Nolan (celui-ci confirma de la tête). Ainsi, j'ai surveillé leur discussion et, quelques minutes après, un garou a fait son apparition.

    Un loup ? se renseigna Dumbledore.

    Oui, un loup garou, reprit-elle. La bande à fuit avec leurs jambes à leur cou tout en hurlant (elle ricana en repensant à ce moment là) tandis que le loup a pourchassé Nolan. Je n'ai pas compris alors pourquoi il s'attaquait à un Moldu. Pour qu'un garou en arrive à là, il devait y avoir une bonne raison. J'ai eut dû mal à les poursuivre – c'est que pour un simple humain, il court vite – et...

    Elle fut interrompu par un signe de main du vieil homme.

    Qui nous dit que ce n'est qu'un ''simple humain'' ?

    Voyons, Dumbledore, fit Molly. Il ne connait rien du monde des Sorciers, ce n'est qu'un Moldu, un point c'est tout.

    Silence total. Pour Nolan, on ce foutait de lui. Était-ce une farce de la part de ses éducateurs ? Il savait que ce n'était point un rêve, mais peut être qu'il était la cible d'une émission de télévision.

    Certes. Nous ne savons rien de lui, et...

    On ne peut pas lui faire confiance, interrompit Alastor.

    Dumbledore n'appréciait pas qu'on lui coupe la parole, surtout pour dire des choses que lui même ne pensait pas.

    Je lui fait confiance, moi.

    Comment pouvait-il lui faire confiance, alors qu'ils ne se connaissaient pas ? Tout le monde se le demandait intérieurement, y compris Nolan. Personnellement, il ne pouvait faire confiance à des inconnus même si ceux-ci l'avaient secouru et hébergé. Ils étaient bien sympa, mais il n'avait rien demandé.

    Tu as autre chose à ajouter, Nymphadora ? demanda l'homme âgé.

    J'avais fini, rassura-t-elle. Quand je suis intervenue, Nolan gisait sur un véhicule à moteur Moldu et le loup-garou semblait très en colère, je ne sais pas ce que tu lui as fait pour être dans un tel état (elle disait cela en regardant l'adolescent).

    Justement, je n'ai rien fait, protesta Nolan en se redressant, je n'ai rien fait ! Il m'a attaqué sans raison.

    Dumbledore resta pensif. Sans quitter des yeux Nolan, il réfléchissait. Au bout de plusieurs secondes de calme, il reprit :

    Alastor, confirmes tu que tes tentatives au sort Oubliettes se sont voués à l'échec ? Aucun résultat n'a eu lieu ?

    Il confirma.

    Que faire de toi, Nolan Daïl ?

    Là est la question, répondit-il en rentrant dans le jeu du regard du vieil homme.

    Le regard d'un homme... Rien ne pouvait différencier ce combat. Avec ce geste, certains adolescents ignorant du monde qui les entourent, se faisaient des duels d'attention ; celui qui détournait les yeux de l'opposant perdait. Ainsi, ils gagnaient le respect. Nolan se risquait de jouer à ce genre de jeu, mais peut être que son adversaire de connaissait pas le but... peut être. À la fois violent et émouvant, les yeux en prenaient de toutes les couleurs. La surface de chaque œil se desséchait à chaque seconde à cause de l'atmosphère et l'envie de gratter et fermer les paupières les hantaient. Nolan se força de retenir encore un peu, puis il eut la surprise de voir son rival céder en détournant les yeux vers Sirius Black. L'adolescent cligna quelques fois ses yeux pour les hydrater.

    Sirius ? demanda Dumbledore.

    Je suis navré, Albus, mais je ne peux pas.

    En soufflant, il porta son attention de nouveau à Nolan. Il porta une main à l'intérieur de la manche de son autre main et se gratta.

    Je te donne le choix, Nolan : soit tu comprends que l'univers dans lequel tu as grandi n'est que mensonge et que le Monde des Sorciers t'est révélé. Si tu acceptes cette réalité des choses, je te propose une place pour Poudlard – une école de Sorcellerie Anglaise.

    A cette révélation, la famille Weasley resta sans voix, tout comme Hermione, Harry et Alastor. Sirius, Lupin et Hagrid n'en furent pas étonnés.

    Le coude sur le genoux, la main supportant sa tête sous le menton, Nolan réfléchit. Une proposition d'embauche, que gagnerait-il ? Un toit et le repas gratuit ? Quel serait son rôle ?

    Ou soit, tu repars bredouille dans ton foyer, en expliquant que tu te fais attaquer par un loup sauvage et tu ne parles à personne de ce qui c'est passé cette nuit. Tu oublies tout – puisque manuellement, on ne peut pas le faire – de ce que tu as vu ici. Personne ne doit savoir.

    Qui me croirait de toute manière ?

    De nouveau, un silence s'installa. Tout le monde se regarda, attendant que l'un d'eux réponde.

    Qui ? Hein ? Qui ? Personne !

    Il n'avait pas tort. Personne ne le croirait, tout le monde se foutrait de lui. Si Dudley et sa bande – Piers, Dennis, Malcom, Gordon – auraient rapportés le tout à leurs proches, ils devraient paraitre à présent pour des fou, sauf le fils Dursley dont la famille avait sûrement l'habitude des choses bizarre avec Harry dans leur domicile.

    Tu choisis quel choix, Nolan ?

    Le second.

    Tu es sûr ?

    Hésitant d'affirmer, il examina Harry qui lui incitait de changer de choix et qu'il ne le regretterait pas. Mais, c'était plus fort que lui. Vivre une vie normale ne le dérangeait pas, mais vivre une vie remplis d'aventure était dangereux et il ne voulait pas mettre sa peau en danger.

    Sache que si tu changes d'avis, Hagrid patientera au Chaudron Baveur – un Pub – situé à Londres, jusqu'à demain midi. Mais, tu ne crains rien avec nous. Je sais beaucoup de chose sur toi, Nolan, et ce que tu vis dans ton foyer est quelque chose d'horrible, je pense que changer d'espace peut te faire du bien, expliqua Albus Dumbledore.

    Vous pensez ? Vous ne savez rien de ma vie ! explosa Nolan en se relevant.

    Le sac à dos de Nolan se trouvait étrangement au pied de son siège. Il le ramassa, le positionna à sa place et se dirigea vers la sortie. Le demie géant bloquait entièrement le passage.

    Tout les individus se levèrent également, pensant que la discussion n'avait plus lieu d'être. Ils se précipitèrent à la sortie, tandis que le jeune Daïl tentait lui même de passer.

    Ça ne sert à rien de s'énerver, dit le vieil homme.

    Dumbledore, vous faites une grave erreur, commenta Alastor. Ne le laissez pas partir, il sait trop de chose sur...

    Il ne dira rien.

    Comment le savait-il ? Pour le plaisir, Nolan balancerait tout ce qu'il connait de ce monde de... Sorcier, avec cette école de Poudlard, ce Quidditch et ce Viktor Krum. Même si il n'avait pas d'image en tête pouvant lui dire de quoi il parlait, il éprouvait une connaissance à ce sujet.

    Laissez moi sortir. Je veux partir d'ici.

    Sirius s'humecta les lèvres :

    Ne joue pas à l'innocent, Nolan. Tu te doutes bien qu'on va te surveiller quelques temps, pour être sûr de tes promesse.

    Sans regarder son interlocuteur, le jeune homme chercha une faille pour échapper à Hagrid, mais en vain. Il porta une main à ses cheveux, les coiffa rapidement, puis tendit sa veste et remonta son pantalon qui commençait à tomber.

    Je veux sortir, fit-il en articulant à chaque mot.

    Dumbledore fit un signe de tête au demi géant qui s'exécuta. Il fit un pas, puis un autre en arrière. Le plancher grinça sous son poids et les murs vibrèrent.

    Alors que Nolan passa dans le couloir, Kreattur sortit de la cuisine avec un couteau de charcuterie. Quand ce dernier aperçut son maître Sirius Black, il cacha l'arme sous son vêtement crasseux aux innombrables trou, en l'entaillant davantage. Le Moldu l'avait remarqué et se sentit mal à l'aise. Allait-il se faire agresser malgré la présence de nombreux témoins ? Non, l'elfe de maison se retira.

    Arrivé à la porte d'entrée, Nolan se précipita de l'ouvrir et de s'échapper de ces lieux sans fermer la porte derrière lui. Il partit en courant, serrant des poings. Ce qui était sûr, c'est qu'il n'allait pas oublier de si tôt ce qu'il venait de vivre depuis la veille...


     


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  • Chapitre 2

    C'est un Moldu !


     

    La première chose qu'il fit en se réveillant fut de vomir dans un seau mit à côté du canapé pour l'occasion. Il déglutit tout ce qu'il avait sur l'estomac. Des douleurs le saisirent alors qu'il se penchait pour cracher encore. Ses côtes lui firent affreusement souffrir, ainsi que ses jambes. Il avait mal, mais n'était pourtant plus blessé.

    Couché sur un canapé calé contre un mur dans une pièce sombre, les quatre coins de celle-ci étaient complètement recouvert de moisissure. Une chaise, ainsi qu'une petite table en bois de chaîne et un tapis recouvert de poussières remplissaient la salle. Une fenêtre aux volets fermés – et aux rideaux rouge rongé par les mites – était encastrée contre le mur face à la banquette. Une porte entre-ouverte où émanait une faible lumière était à l'opposé. Des murmures venaient de là bas.

    Nolan souffla de son sort. Il ne se rappelait plus trop de ce qu'il lui était arrivé. La créature aux crocs pointu et aux poiles teinté de rouge... La course poursuite... Le coup et la projection contre la voiture... Et après, le noir complet... Il était sûr d'une chose, il n'était pas mort, il avait donc échappé au loup-garou.

    Une couverture le recouvrait des pieds jusqu'à la taille. Un coussin en guise d'oreiller, et plusieurs poufs comme matelas simplifiaient son lit de fortune. Avec douleur, il se redressa maladroitement sur ses coudes et contempla l'endroit. Il passa une main sur son visage sale, et s'assit, posant les pieds nu sur le tapis. Son sac à dos ainsi que ses chaussures se trouvaient juste à côté du sceau utilisé il y a peu.

    Il s'habilla et coiffa ses cheveux ébouriffés d'un geste de la main puis se releva. Son ventre criant famine, il se vit d'être obligé d'accoster les propriétaires encore inconnu de la maison. Il s'empara de la bassine contenant le liquide épais et jaunâtre, puis, laissa son sac là où il se trouvait pour enfin, pousser la porte qui se déplaça d'un grincement à faire tressaillir. Nolan grinça les dents, il ne voulait pas réveiller des potentiels habitants de la demeure.

    Un long couloir aux innombrables portes se présenta face à lui. Un escalier se trouvait sur la gauche, et menait dans des hauteurs indéfinis de la maison. Le plafond s'élevait sur plus de trois mètres de haut et était de la même couleur que les autres murs, un gris sombre. L'adolescent se croyait dans un film en noir et blanc, or, la lumière rayonnante d'une bougie dans une salle voisine le rappelait à la réalité.

    Une discussion éclatait à cet endroit, et d'après les voix, il y avait plusieurs personnes qui débattaient sur lui :

    Nous ne pouvons pas le garder ! insista un homme à la voix grave.

    Pourquoi donc ? Ce n'est qu'un adolescent, Alastor, laissons le se reposer et nous le réveillerons à l'aube pour savoir qui il est et d'où il vient, répondit une femme à la voix douce.

    Nolan patienta derrière la porte, attendant le bon moment pour faire sa présentation.

    Mais, il n'a pas de baguette, peut être qu'il...

    Alastor ! gronda un autre homme à la voix plutôt calme. Faisons comme Molly nous le dit : patentions et nous le questionnerons une fois qu'il sera reposé. Il a échappé à un loup-garou, il doit être secoué. Puis, si vraiment c'est un...

    La porte grinça alors que Nolan la poussa du pied. Plusieurs secondes s'écoulèrent avant qu'elle s'ouvre entièrement. L'adolescent se trouvait planté là, avec le sceau en main. Il posa un regard innocent sur les personnes face à lui.

    La salle était une cuisine vaste avec une longue table en son centre. Plusieurs individus étaient assis à celle-ci, dont cinq adolescents et trois adultes. Un autre homme, assit sur le plan de travail à côté d'un lavabo mangeait une pomme. Parmi les personnes présente, il y avait une famille – deux jumeaux, un petit frère légèrement plus jeune et les deux parents –, Nolan les reconnut grâce à leur chevelure roux. Un adolescent aux lunettes rondes cachait une cicatrice en forme d'éclair au niveau de son front, et une fille du même âge était à ses côtés, brune aux cheveux bouclés, elle était charmante. Un adulte masculin, grand et gros, avec peu de cheveux sur le crâne possédait un œil artificiel qui tournait sans cesse autour de son orbite – Nolan en sursauta. Une longue chemise couleur kaki tombait jusqu'à ses genoux. Face à lui, un homme sombre aux cheveux long et gras et aux vêtements noir. Enfin, la personne qui mangeait le fruit possédait un long nez et était blond.

    Le silence qui régnait suite à la venue de Nolan était angoissant. Ce dernier le rompit :

    Excusez moi, mais, j'ai vomis.

    Il tendit le sceau devant lui, et aussitôt, la seule femme du groupe se leva et prit la bassine avec dégout pour la poser sur le côté. Ensuite, elle invita Nolan à s'asseoir. Les autres adolescents furent curieux de la présence de l'inconnu.

    Tu as faim ? demanda la femme en se tournant vers la cuisine.

    Je n'aurais pas aimé – afin de ne pas vous déranger – mais oui, j'ai faim.

    Sa réponse laissa un doute à l'esprit des habitants de la maison. Ils lui lancèrent tous un regard noir.

    Comment ça tu n'aurais pas aimé ? demanda l'homme roux. Les lieux sont certes sales, mais la cuisine que fait Molly est plus que merveilleuse. Ne te fie pas aux apparences, jeune homme.

    La femme esquissa un sourire tandis que l'homme sombre fronça les sourcils, il devait être le propriétaire des lieux.

    Bon, très bien, je vais te faire un rapide repas, bien que tu dois avoir une faim de loup. Ah, tient, il y a du reste du soupé, dit la rouquine en sortant une grande marmite où en ressortait une odeur agréable une fois qu'elle souleva le couvercle.

    Nolan se redressa, il voulut savoir ce qu'elle allait lui servir. Impossible d'y arriver, il se résigna à attendre à sa place, en regardant ses mains. Les cinq adolescents chuchotèrent entre eux. Une fois que la femme lui posa un bol contenant une soupe aux apparences bizarre et un bout de pain, tout le monde parla d'un nouveau sujet.

    J'arrive toujours pas à croire que j'ai vu Viktor Krum, fit le plus jeune des enfants roux alors qu'il semblait en transe.

    C'était l'année dernière Ron et il a passé l'année scolaire à Poudlard, expliqua la jeune femme brune. Tu as oublié ce moment ?

    Comment veux tu que je l'oublies ? Il était formidable durant les deux premières épreuves du tournoi, – il se tourna aussitôt vers son camarade à la cicatrice – toi aussi Harry, tu étais génial.

    Ce dernier avait le regard perdu sur Nolan qui trempait des bouts de pains dans le velouté et qui les dévorait sans se soucier des gens autour de lui. Mais quand il entendit son prénom, il sourit pour faire cause qu'il suivait le cour de la discussion.

    Mais personne n'égale Viktor au Quidditch, reprit le rouquin alors qu'il regardait ses frères. Je ferais tout pour rentrer dans son équipe en tant que gardien.

    Les jumeaux s'esclaffèrent, ainsi que l'adolescente. Les trois hommes s'échangèrent un regard complice, puis ils se retournèrent vers Nolan qui finissait de boire la soupe. Avant que l'un d'eux n'ouvre la bouche, il prit la parole :

    Excusez moi, mais où je suis ? Comment suis-je arrivé ici ?

    C'est Nymphadora qui t'a trouvée sur le par brise d'un véhicule Moldu, répondit l'homme aux cheveux gras. Tu étais en piteux état et un loup-garou te chassait, elle a eut le réflexe de te ramener ici et t'a soignée. Maintenant, elle est montée se coucher.

    D'accord, mais où je suis ? répéta Nolan.

    Alors, l'homme avec qui il conversait se redressa fièrement :

    Tu es chez les Black's. Plus précisément, chez Sirius Black.

    Molly prit le bol de l'adolescent et le mit dans l'évier, avant de s'asseoir face à lui et de lui prendre les mains. Il n'avait pas d'autre choix de se laisser faire.

    Comment t'appelles tu, jeune homme ?

    Nolan. Nolan Daïl.

    Nolan ! s'exclama le jeune homme aux lunettes en se levant. Je savais que je te connaissais.

    Le concerné l'étudia et put voir qu'il le connaissait également. C'était Harry, le Harry. Le cousin de Dudley se trouvait là, face à lui. Il n'arrivait pas à le croire, lui qui était tant mystérieux et qui passait tout son temps à son école était présent, ici. Était-ce dû au hasard qu'ils se rencontrent maintenant, alors que Nolan était sur le point d'être corrigé il y a quelques heures ? Peut être pas.

    Nolan se leva également et pointa du doigt Harry :

    C'est à cause de toi, oui de toi que je me suis fait cogner par ton abrutis de cousin !

    L'adolescent à la cicatrice rigola.

    Au moins on est d'accord sur une chose : mon cousin est un abrutis, dit-il entre deux rire.

    Le jeune Daïl se joignit à lui, laissant les individus qui les regardaient, curieux. Cinq minutes après, les deux jeunes gens se rassirent à leur place, en s'échangeant de légers regards. Puis, la femme continua ses questions :

    Où est ta baguette ?

    Ma baguette ? De pain ?

    Les jumeaux pouffèrent de nouveau, se moquant de la réponse de l'étranger. Molly fronça les sourcils puis se tourna vers son mari :

    Arthur, tu comprends quelques chose ?

    Ledit Arthur haussa les épaules.

    Alastor ? Sirius ? Rémus ?

    Ils haussèrent tous également les épaules, jusqu'à qu'Alastor – le grand et gros homme à l'oeil bizarre – ouvre la bouche mais fut devancé par Harry :

    Il ne connait rien de notre monde ; pas de baguette, pas de Poudlard, pas de Quidditch, rien. C'est un Moldu.

    Tous, sauf Harry et Sirus retinrent leur souffle et imposèrent un nouveau regard noir sur Nolan.

    Un... Un Moldu ? bégaya-t-il en regardant tout le monde. Hey, je n'ai pas demandé à venir là.

    Alastor acquiesça de la tête :

    On le sait bien, Nymphodora a fait une erreur.

    Sur ses mots, il sortit un long bout bois d'une trentaine de centimètre d'une poche intérieur à sa veste et la pointa sur Nolan. Ce dernier prit ça comme une menace et se leva d'un bond, en reculant vers la porte.

    Alastor ! tonna Sirius Black en se redressant.

    C'est le seul moyen.

    N... Non... Ne me tuez pas... Je vous promets que je ne dirais rien à personne... Pas de Poudlard, pas de Qu... Quidditch, se défendit Nolan en dressant les mains devant lui.

    Ne s'étant pas arrêté, les deux frères se ressemblant comme deux gouttes d'eaux, pleurèrent de rire, encore au sujet des réponses que disaient l'adolescent.

    Ne dit pas de sottise, je ne vais pas te tuer, je vais seulement enlever les souvenirs que tu as depuis quelques heures.

    Sirius se détendit à la réponse de Alastor.

    M... Mais, ça va me faire mal ?

    Tu ne vas rien sentir. On va juste te ramener là où on t'a trouvé et tu auras tout oublié.

    Tout le monde était tendu. Lupin finissait sa pomme sans réagir. Arthur avait prit sa femme dans ses bras pour l'écarter du Moldu, dangereux d'après lui.

    Sans annoncer qu'il allait lancer le sortilège d'amnésie, Alastor agit :

    Oubliette !

    Un éclair verdâtre émana de son arme et frappa de plein fouet Nolan. Une force invisible le traversa et il se sentit chuter. Lourdement, il s'effondra toujours conscient. Il cligna des yeux, tout se faisait trouble, il n'entendait plus rien. Des jambes se pressaient vers lui, et à chaque pas, il entendit un bruit lourd. Soudain il entendit de nouveau parfaitement.

    Tu aurais pu nous prévenir pour éviter qu'il se blesse.

    Aucune réponse. Pendant plusieurs secondes, il s'étouffa, alors qu'une main l'empoigna et le releva. Il se frotta les yeux et retrouvât parfaitement la vue. A la surprise de tous, il expliqua :

    Quels sont les effets ?

    Lupin sauta du plan de travail et examina Nolan de la tête aux pieds, comme si c'était un individu insolite.

    C'est impossible... maugréa Alastor en regardant le bout de sa baguette.

    Harry rigola. Pourquoi ? Personne ne le savait. Ron, Hermione – la fille aux cheveux bouclés – et les jumeaux – Fred et George – en restèrent bouche bées.

    Comme un ivrogne, Nolan avait besoin d'un soutient pour tenir debout. Il chancelait de droite à gauche et posa un regard sur celui qui l'avait attaqué.

    Je... Je croyais que ça ne faisait pas mal, dit-il en rigolant légèrement.

    Tu ne devrais pas te souvenir de ça... tu ne devrais pas, annonça Sirius en le touchant de l'épaule.

    Bah, pourtant, je m'en souviens.

    Oubliette ! lança de nouveau Alastor.

    Il insistait. Encore une fois, le sort frappa le jeune homme et le traversa. Au lieu de tomber, il fut soutenue par Molly. Sirius ainsi que Lupin crachèrent un juron sur l'homme à l'œil bizarre.

    Arrête, ça sert à rien !

    Nolan eut une convulsion, puis il rigola.

    Ça chatouille, dit-il en se grattant là où ça le démangeait.

    Alastor s'assit sur la chaise la plus proche, sans voix. Le résultat de son acte aurait dû lui faire complètement oublier sa mémoire. Complètement ! Et rien du tout, il ne c'est rien passé.

    La femme guida l'adolescent vers une autre chaise et le laissa s'installer. Hermione lui fit remarquer, qu'il avait les larmes aux yeux et de ses manches, il essuya ses yeux humide et la remercia d'un signe de tête.

    Qu'est-ce qu'on va faire de lui ?

    On ne vas pas le tuer !

    Ne dit pas n'importe quoi, Molly. On ne va tuer personne.

    Les adultes discutaient au seuil de la cuisine, à trois mètres de Nolan. Il percevait toute la discussion, ils conversaient comme s'ils étaient seuls.

    Bon, alors, on le laisse filer comme ça, sans rien faire ? Il connait notre existence.

    Mais je ne vais rien dire, promit Nolan en se redressant de toute sa taille.

    Avec de doux yeux, Molly s'intéressa à lui. Puis, elle regarda les autres adolescents et s'approcha d'eux.

    Allez les enfants, il est tard et il est l'heure de se coucher. Demain est un nouveau jour. Ron, tu laisseras ton lit à Nolan, et...

    Pourquoi moi ? protesta le fils.

    Parce que toi, un point c'est tout. Donc Nolan tu dormiras avec les garçons, Hermione tu iras avec Ginny qui est déjà à l'étage. Allez ! Pourquoi vous êtes toujours là ? Allez, montez !

    En maugréant quelques mots incompréhensible, les jeunes se résignèrent à obéir à la femme. Le Moldu fut le dernier et ferma la porte de la cuisine derrière lui. Il suivit ainsi un des deux jumeaux et montèrent deux étages. Là, plusieurs salles étaient présentes qu'il ignora. Il rencontra même une petite créature.

    Vêtu de haillons, possédant de longues oreilles et haute d'un mètre, elle s'appelait, – d'après George son nom représentait son aspect – ''Kreattur''. Un elfe de maison, serviteur de la famille Black. Nolan n'en fut pas plus que surpris. Cependant la façon dont cet individu s'adressait à lui, le mettait en colère. Il le traitait de tout les noms, le parlait à la troisième personne du singulier et crachait même à ses pieds. Harry avait dit à Nolan de ne pas faire attention à lui, à force il allait s'y habituer. Sauf que l'étranger ne voulait pas rester ici éternellement.

    Le groupe se divisa en deux entre le croisement de deux couloirs. La seule fille – Hermione – alla à gauche, tandis que les garçons prirent à droite. Tout les murs et les portes se ressemblaient. L'impression donné que c'était du pur copier coller des étages inférieurs.

    Ils rentrèrent dans une chambre sur la gauche, quatre lits étaient présents, ainsi que deux armoires et une fenêtre aux volets fermés. Tout semblait sale, mais Nolan avait apprit depuis son arrivée que les apparences étaient trompeurs. Une lueur venant de nul part éclairait légèrement l'endroit. C'était assez fort pour distinguer la forme et les détails du mobilier. Les jumeaux s'installèrent sur un lit côte à côte situés à gauche, Harry sur celui de droite et le dernier, en face était pour Nolan. Ron sortit d'une armoire un sac de couchage et s'allongea au sol même sans souhaiter bonne nuit. Il ferma les yeux et tomba directement dans son sommeil.

    Nolan rentra dans ses draps, gênés, il s'y glissa en se sentant mal. Puis, il s'allongea sur le dos, ses mains soutenant sa tête, il regarda le plafond. Ils doivent s'inquiéter, songea-t-il en pensant aux éducateurs de son foyer. En plus, je ne peux même pas les prévenir.

    Il étudia l'heure affiché sur sa montre et vit qu'il était prés de ''01:04''. C'est vrai qu'il était tard. Donc, pendant prés de deux heures, suite au coup du loup-garou, il était tombé dans l'inconscience. Il n'en revenait pas. Pour lui, cela faisait plusieurs jours que ça c'est produit.

    Pourquoi m'a-t-elle sauvée ? demanda-t-il dans un léger murmure pour lui même sachant qu'il n'allait avoir aucune réponse.

    Curieusement, Harry lui répondit dans un souffle :

    Elle doit avoir une bonne raison (il se tourna sur sa couchette et regarda Nolan), mais on lui demandera dans la journée quand nous serons tous lucide et apte à comprendre.

    Oui, tu as raison, fit l'étranger en l'épiant du coin de l'œil.

    Des frissons parcoururent le corps entier de Nolan, il eut une convulsion et remonta jusqu'à son cou la couverture. Le froid s'emparait de lui, et il le regretta. Il n'aimait pas avoir froid, pourtant, l'été était encore présent, et il faisait une chaleur étouffante en pleine journée. La nuit, c'était différent et il n'appréciait pas ça. Mais, il fallait que ça change et au plus vite.

    Recouvert d'une tapisserie, le plafond envoutait Nolan qui, sans problème tomba dans un profond sommeil. Ce qu'il avait vécu la veille, aussi fou que cela soit, était réel, et comme par magie, il s'en était remit. Les trois frères rouquin furent déjà endormit, le jeune homme à la veste bleue se coucha une nouvelle fois avec ses propres vêtements. Harry, le suivit de prêt dans le monde des rêves.


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  • Chapitre 1

    Fuir pour survivre


     

    Comment ne pas résister face à cette merveille ? Se demanda Nolan Daïl en s'arrêtant devant une Jaguar de toute beauté.

    Il la contempla sous tout les angles possible. Elle brillait sous les rayons de la pleine lune. La première pensée qui traversa l'esprit de Nolan, fut qu'elle était bien entretenue par son propriétaire. Chose qu'il appréciait. Posséder une telle voiture de collection et bien conservée n'était pas à la portée de tout le monde. Certaine personne en achetait uniquement pour se la péter. Mais, pour des êtres plus intelligents, c'était une question de culture en mettant ce véhicule en valeur, afin de ne jamais l'oublier dans l'histoire automobile.

    Intérieur en cuir noir, type cabriolet, d'origine française, elle possédait également la couleur d'un rouge à lèvre timide. Le détenteur de cette Jaguar avait mit le paquet et n'était sans doute pas un amateur au niveau des voitures de collection. Pour l'adolescent, cette voiture était unique, peut être un rare exemplaire produit et mit en vente.

    Il resta ainsi durant cinq minutes, jusqu'à qu'il soit chassé par la femme qui possédait cette décapotable. Nolan laissa échapper un sourire. Quatre minutes quarante sept, avec ce petit laps de temps, le garçon aurait put voler ce moyen de transport. A l'avenir, il faudrait que la femme soit plus rapide. Laisser cette perle en plein milieu de la rue était risqué, mais si le propriétaire veillait, ça ne devait pas poser de problème.

    Nolan reprit son chemin. Il aimait errer ainsi, alors que les éducateurs de son foyer se faisaient un sang d'encre à chacun de ses retards. Il était sortit en ville, comme à son habitude. Traîner dans Little Whinging n'était pas son truc, contrairement à certains délinquants. Des voyous chouchoutés par leurs parents, c'était un comble. Comment une mère pouvait gâter son fils, alors que ce dernier frappait les plus faible que lui avec sa bande juste pour le plaisir ? Le jeune Daïl se le demandait bien. Cette pensée visait actuellement celui qui le martyrisait une fois de temps en temps avec ses copains. Ce, Dudley Dursley qui lui faisait horriblement peur. Non par ce qu'il était violent, mais, son physique était repoussant, et Nolan redoutait toujours que cet être sans cœur le cogne encore une nouvelle fois, avec toute ses forces.

    La pleine lune prenait presque tout l'espace du ciel. Proche, elle semblait dégager une sorte d'énergie qui fit tressaillir l'adolescent. Il regarda sa montre ; vingt deux heures trente cinq, il commençait à se faire tard. Il fallait rentrer. Mais il aimait tellement cette liberté de vivre. Lui qui fut enfermé tellement longtemps par ses parents, avait trouvé un meilleur endroit avec ce foyer proposé. Il ne travaillait pas, il ne faisait aucune études, mais avec l'argent de poche que lui versait chaque mois ses éducateurs, il s'était pris la peine d'économiser pour passer le plus clair de son temps au centre-ville de Londres. Qu'est-ce qu'il faisait là bas ? Nul le sait, il préféré se faire tout petit dans cette capitale.

    Sa veste bleue foncé ne possédait aucun motif. Seulement cette couleur sur toute la surface, deux poches qui se fondaient dans le tissu et cette fermeture éclaire blanche, remontée au niveau du cou. Les mains dans les poches de celle-ci, il avança de quelques mètres avant de s'arrêter suite à une démangeaison au niveau de son genoux gauche. Il fit une légère acrobatie et gratta par dessus son jean moulant sombre avant de reprendre son chemin. Un sac où des vêtements personnels prenaient place, pesait sur son dos. Il avait toujours ses affaires sur lui, au cas ou si il décidait de ne pas rentrer un soir, voir plus.

    A chacune de ses expirations, de la buée sortait de sa bouche ; la nuit était fraiche. Les yeux glauques, une bouche fine, un nez dans la moyenne et sa barbe de trois jours représentaient ce jeune adulte de dix sept ans. Ses cheveux étaient long jusqu'à couvrir la moitié de ses oreilles et teintés auburn. La couleur se rapprochait plus à châtain avec des reflets roux. Petit de cent soixante et onze centimètres, il bénéficiait d'un charme qu'il avait dû mal à mettre en valeur. A cause de cette complexité, il n'avait obtenue aucune conquête amoureuse. Pour ce qu'il sache, ça ne le tuait pas, mais il aimerait tant vivre la joie d'aimer et d'être aimé. Un jour, ça serait le cas, il le savait, tout le monde avait une âme-sœur quelque part dans ce monde.

    Il s'arrêta. Quelqu'un s'approchait de lui, non, un groupe, les rires n'étaient pas trompeurs. Il se retourna et put voir ce qu'il regrettait le plus : Dudley et sa bande. Piers, Dennis, Malcom, Gordon, ils étaient tous là. Nolan tenta de se cacher, mais ce fut trop tard quand il fut abordé verbalement :

    Hey ! Nolan !

    Il se figea sur place repliant sa tête dans ses épaules. Qu'est-ce qu'ils lui voulaient encore ? Il allait le savoir très vite. Les cinq amis se précipitèrent à le rejoindre. L'un d'eux monta sur une voiture pour sauter à pied joint sur la route. Personne n'était dehors à une heure si tardive, personne n'était témoin, sauf Nolan.

    Dudley jouait avec sa canne personnelle entre ses mains.

    Alors, Nolan, on fait une ballade nocturne ? demanda le plus grand et le plus débile du groupe en souriant.

    Sur cette phrase, tout les membres du groupe rigola. Le solitaire sourit également, se moquant légèrement de l'adolescent se tenant face à lui. Il était dé-stressé, ou du moins, il tentait de faire en sorte. C'était dur de faire semblant, surtout qu'il savait ce qui l'attendait. Alors, il tenta de détendre l'atmosphère :

    Si vous voulez m'accompagner, ne vous gênez surtout pas, une compagnie féminine ne me déplait en aucun cas, au contraire, et ne vous inquiétez pas, je ne vais pas abuser de vous.

    Il dit cela d'un ton plutôt sérieux. Les rires cessèrent d'un coup et le visage joyeux des amis se transforma en grimace violente. Il venait de les énerver. Lui même le remarqua après avoir médité deux secondes sur sa phrase. Ce n'était pas le genre de chose qu'il disait d'habitude. Il recommença à stresser. Sa bouche était tendue, essayant de former un sourire des plus original.

    Comme ça tu fais de l'humour ? se renseigna Dudley.

    Nolan approuva par réflexe.

    Tu es un comique ? Tu sais ce qu'on fait nous, à ce qui nous prennes pour des cons ?

    Il le savait bien, oh que oui, puis ce geste de frapper son poing fermé contre la paume de son autre main en disait plus.

    Pourquoi vous m'emmerdez ? Je ne vous ai rien fait ! protesta Nolan. Tu ne vas plus à la ''chasse au Harry'' ?

    Il s'adressa à Dudley, et Harry était le cousin bizarre qui vivait chez lui uniquement pendant certaines vacances. Il devait passer le plus clair de ses années scolaire en internat de son école.

    Il est partit, fit le fils Dursley.

    Et il faut de quoi s'occuper en attendant son retour, continua Malcom en tournant autour de sa prochaine victime.

    Ses amis approuvèrent. Nolan lui, trembla. Bien qu'il soit le plus grand – en âge – qu'eux, il se sentait faible. Et dans une situation pareille, il y avait de quoi.

    Tu as peur ?

    Comment veux-tu ne pas avoir peur face à cinq filles de votre genre ? répliqua sèchement le garçon possédant la veste bleue à un adolescent sur sa droite.

    Dudley s'impatientait. Il cognait de plus en plus fort son poing contre son autre main. Et les quatre autres étaient chaud pour une petite bagarre.

    Pourquoi tu nous traîtres de ce qu'on est pas ?

    Si vous n'êtes pas des filles ? s'esclaffa Nolan. Non, mais attendez, vous croyez que s'en prendre à quelqu'un à cinq c'est digne de vrais mecs ?

    Ouais, où est le problème, on partage notre passion.

    La bande rigola sur la réponse du leader. Dennis et Malcom s'échauffèrent leurs poings, Gordon et Piers, eux, étaient derrière Dudley, attendant le moindre signe pour passer à l'action. C'étaient des ''chiens-chiens à leur papa'' et ils obéissaient à n'importe quel ordre. Nolan était dégouté.

    Il recula d'un pas, les autres rigolèrent de plus belle.

    Je... Je ne veux pas me battre moi.

    Non ! Tu n'as pas compris. On ne veut pas ton avis. On va te battre un point c'est tout, que tu le veuilles ou non.

    Eh, ouais. Alors commence à prier car tu vas avoir mal.

    Nolan redoutait ce qui allé lui arriver. Il était au mauvais endroit, au mauvais moment, comme à chaque fois où il se fait tabasser par la même bande. Son cœur s'emballa en voyant ses cinq agresseurs se rapprochaient de lui. Il tenta de se retirer mais il trébucha suite à un croche-pied de Malcom. Il tomba sur son dos, son sac amorti la chute tandis que le groupe recommença à se foutre de lui.

    Humilié, voilà le mot qui résumait la situation. Par chance, il n'y avait aucun spectateurs dans les parages. Nolan voulait retourner au foyer maintenant, et se coucher dans son lit douillet mais il savait que ce n'était pas possible.

    Dudley leva sa canne et s'apprêta à porter le premier coup quand un bruit bruyant l'interrompit. On aurait dit la destruction d'un véhicule. L'adolescent couché au sol ne voyait rien, les cinq autres regardaient tous dans la même direction et étaient pétrifiés. C'était quoi ? Une météorite ? Une tuile d'un bâtiment qui venait de tomber sur une voiture ? Une personne qui c'est suicidée ? Nolan remerciait en tout cas ce signe qui venait de lui sauver la peau.

    Il regardait la pleine lune parsemée de cratères visible à l'œil nu et entourée d'étoiles. Elle était vraiment bizarre ce soir. Il respira profondément, fermant les yeux pensant que les voyous allaient s'intéresser de nouveau à lui puis, cinq secondes après, il les rouvrit. Ils étaient toujours là, attirée par quelque chose. Soudain un hurlement inhumain déchira les tympans de tout le monde. La thèse d'un quelconque objet tombé était retirée, même d'un humain. Les cinq adolescents hurlèrent tout ce qu'ils avaient dans leurs poumons puis, prirent les jambes à leur cou avant de s'enfuir. Nolan en profita pour se relever. Une fois fait, il passa une main vite fait sur son postérieur pour se débarrasser de l'humidité du sol et rajusta sa veste.

    Quand il tourna la tête, il vit un monstre. Une créature sortit tout droit des contes pour enfant ou des films d'horreurs. Un animal qui était sur ce qui restait du capot d'une voiture garée sur le trottoir voisin. Il possédait des poiles sombres, de longues oreilles, de gros yeux et des dents aiguisées comme les couteaux d'abattoir. Ses griffes de ses pattes arrière et d'une patte avant, s'enfonçaient dans le toit de l'automobile pour tenir en équilibre. Des tâches rougeâtre teintaient sa fourrure, et du sang coulait de sa gueule. Nolan resta figé, essayant de garder son sang froid. Il savait ce qu'était cette créature, mais dont il ignorait, c'était d'où elle venait et si c'était bien réel.

    Un, deux, trois pas en arrière et il cessa de bouger, suite au nouveau beuglement du loup-garou. Les poiles de sa nuque se hérissèrent, son cœur frappait férocement contre sa poitrine et ses mains tremblaient. La peur venait de s'emparer de son corps.

    Pourquoi la créature ne réagissait pas ? Pourquoi elle ne l'attaquait pas ? Elle le regardait de la tête au pied, et commença à grogner. De la bave épaisse s'écoula de sa gueule. Un geste et elle sauta du véhicule où elle reposait depuis peu, Nolan décampa aussi vite que possible.

    Il courut sans vraiment savoir où aller. Il traversa une rue où un lampadaire clignotait irrégulièrement. Un chien attaché à sa niche aboya alors qu'il passa à travers le jardin d'une propriété privée. Ensuite, il sauta par dessus une barrière et atterrit comme il faut sur ses pieds. Il prenait de l'avance sur ce loup-garou, mais il se demandait ce qu'il lui voulait.

    Nolan était un adolescent à l'esprit ouvert. Depuis toujours il disait la même phrase à ceux qui le prenait pour un fou : ''Vous n'y croyez pas ? Est-ce que vous avez une preuve que ça n'existe pas ?'' mais souvent on lui répondait par ''On te retourne la question, prouve nous que ça existe'' et à chaque fois, il ne savait quoi répondre. Mais là, il avait une preuve ultime, celle d'un monstre en chair et en os qui le poursuivait. Si seulement ses éducateurs pouvaient le voir.

    Le garçon se retenu de hurler, c'était inutile de le faire, ça n'aurait aucun impacte pour les habitants qui devaient être sûrement plongé dans un profond sommeil. La bête hurla de nouveau férocement. Le garçon ne se retourna pas et fonça droit devant. Un terrain était là, une mini forêt qui pourrait le cacher. Il osa jeter un œil par dessus son épaule et vit la silhouette du garou au loin qui galopait à quatre pattes.

    Les arbres étaient à portés, quand il y glissa son visage en premier, il sentit la rosée de la nuit couler des feuilles et lécher ainsi sa figure. Des hautes herbes cachaient des ronces qui ne se privèrent pas d'égratigner les jambes recouverte de l'adolescent. Il grimaça en sentant la douleur le démanger. Ses pas semblaient lourds, la terre était mouillée. Il manqua plusieurs fois de s'étaler sur toute sa face à cause des racines camouflées.

    Bordel de merde !

    Il avait peur. C'était la première fois qu'il courrait aussi vite et aussi longtemps, l'adrénaline lui faisait oublier toute sa fatigue et le désespoir qui l'assaillait mentalement comme physiquement. Finir en tant que casse-croûte pour un monstre n'était pas dans ses projets.

    Au dessus de lui, la lune fut cachée par le haut des arbustes et des cris d'animaux rendait le milieu hostile. Il n'était pas bienvenue dans ces bois, il ferait mieux de sortir d'ici rapidement. Dix mètres plus tard, il vit au dernier moment une pente et ne pût s'arrêter à temps. Il glissa tout en faisant des roulades. La lourdeur de son sac l'attirait un peu plus vers le bas. Des mottes de terre humide accompagnée d'herbe s'envolèrent au dessus de lui. Il chuta ainsi sur plusieurs mètres, pour s'arrêter brutalement contre un lampadaire. Il l'avait frappé de plein fouet et ses côtes lui firent horriblement souffrir. Il se releva à l'aide du poteau et s'aperçut qu'il se trouvait sur un trottoir.

    Un arrêt de bus était présent, des véhicules roulaient un peu partout, l'endroit semblait être vivant. Une série de bâtiments s'élevant sur plusieurs étages était de l'autre côté de la route. Avant de la traverser, il scruta le haut de la dune où ce développait la petite forêt. Le loup-garou l'épia.

    Nolan cracha un juron. Des larmes perlèrent ses yeux. Il se teint le côté gauche et aborda le passage piéton le plus proche, tout en boitant. Une voiture se stoppa à quelques centimètres du passant et klaxonna. L'adolescent présenta ses mains, signe d'excuse, puis reprit son chemin d'un pas pressé.

    La créature dégringola maladroitement la dune mais parvint au bitume sur ses quatre pattes. Nolan avait déjà rejoint l'autre côté quand elle arriva au niveau la voiture toujours à l'arrêt. La femme qui conduisait le véhicule ne pût s'empêcher de crier et de faire marche arrière à grande vitesse. Elle s'encastra sur un camion garé. Le loup-garou ne prêta pas attention à cet accident mais se concentra sur le jeune homme qui venait de disparaître de son champ de vision.

    Une douzaine de canards survolèrent l'endroit et projetèrent – grâce à la lune – leur ombre sur le sol. Nolan lança un rapide coup d'œil dans le ciel et les aperçut se diriger vers le sud. La pleine lune était la raison de ses problèmes. L'humain qui s'était transformé en loup-garou devait souffrir à chaque nuit de pleine lune. Il fallait que ce satellite Terrestre soit voilé par de quelconques nuages.

    Le garçon poussa un passant alors qu'il tourna dans un coin. Il s'excusa sans plus et continua son chemin. Plusieurs pas après, il entendit un ''oh mon dieu'', puis un cri de douleur. La bête était proche.

    Un arche attira son attention. Il se dépêcha d'y parvenir et rentra dans la cour d'une banlieue. Des édifices haut de deux étages entourait l'endroit. Des jeux pour enfants étaient dressés sur des graviers, et Nolan enjamba l'un d'eux. Les lieux étaient plongés dans le noir total. Aucun lampadaire ne fonctionnait. Signe de malchance ? Il le pensait. Il ne savait pas où il déambulait, les rayons lunaire ne provoquaient pas assez de luminosité. Alors, il buta sur quelque chose et perdit l'équilibre. Ses mains furent écorchées alors qu'il les utilisa pour amortir la chute. Il sentit sa peau brûler sous ses vêtements, et son sac passer par dessus sa tête.

    Un grognement résonna. Un grondement annonçant l'épuisement, la lassitude et l'énervement. Une ombre passa au dessus de Nolan. Ce dernier se retourna d'un coup et vit le loup-garou baver sur ses vêtements. Par réflexe, Nolan lui donna un coup de ses deux pieds joints et la bête recula de quelques pas. Il se redressa et s'échappa encore. A cloche pied, il passa par dessus une barrière séparant le jeu pour enfant au terrain de boules, mais il fut rattrapé une nouvelle fois. Un coup dans son sac à dos lui fut donné et il fut projeté à plus de trois mètres de haut sur une dizaine de long. Il atterrit sur le par brise d'une voiture stationné. Quasiment inconscient, il gémit. Il ne pouvait plus bouger et le monstre se rapprochait. Le long de sa colonne vertébrale lui faisait mal.

    Une femme vêtue d'une cape ancienne apparut par magie aux côtés de Nolan. Celui-ci venait de perdre conscience. L'inconnue regarda le loup-garou qui c'était arrêté en la voyant. Il lâcha un féroce cri et chargea. La femme toucha Nolan et disparut, se volatilisant de la même façon de son arrivée.

    La bête donna un coup dans le vide qui traversa le capot du véhicule où gisait il y a même pas une seconde sa cible. Mécontent par son travail, elle regarda la lune, se redressa sur ses deux pattes arrière et lança son rugissement sauvage mythique...


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