• Vous voulez écrire, mais vous ne le faites pas. Ou bien vous commencez, mais vous ne pouvez pas vous résoudre à aller jusqu’au bout, abandonnant des douzaines d’articles ou d’histoires prometteuses à des phases variées d’inachèvement. Ou bien alors vous terminez, mais vous n’arrivez pas tout à fait à vous décider à mettre ces pages dans une enveloppe et les déposer dans une boîte à lettres. Votre famille, vos amis, ou votre groupe de critique disent que votre travail est merveilleux. Alors qu’est-ce qui vous retient ?

    Ce scénario est loin d’être rare. Ce n’est pas la même chose que la maladie redoutée que l’on appelle le "syndrome de la page blanche" ou "blocage de l’écrivain". Il s’agit plutôt du "blocage de l’envoyeur" et j’ai connu beaucoup d’excellents écrivains qui en souffraient. Ils produisent un travail de qualité - nouvelles, romans, articles - et reçoivent des compliments bien mérités de la part de leurs pairs dans les groupes de critique, et pourtant ils reculent à la pensée de réellement envoyer ce travail sur le marché.

    Ironiquement, ce syndrome diminue rarement les ignorants, qui continuent volontiers de soumettre des nouvelles de 40 pages en interligne simple et à la grammaire exotique. Et c’est là qu’est la clé : un écrivain doit atteindre un certain degré de compétence avant qu’il ou elle ne puisse commencer à remettre en question cette aptitude. Et les questions d’aptitude se trouvent au coeur du "blocage de l’envoyeur".

    La question "suis-je assez bon ?" tourmente quasiment chaque écrivain, des débutants aux auteurs établis. Les novices la trouvent particulièrement difficile, parce qu’ils ont moins "d’informations extérieures" sur lesquelles baser leur réponse. Mais même lorsque vous avez vendu plusieurs de vos écrits, vous pouvez être anxieux si vous essayez de vous lancer dans un domaine différent ou un marché qui paie mieux, ou de passer de l’écriture non-romanesque à l’écriture de création ou de textes courts à des manuscrits de la taille d’un livre.

    Ce serait simple d’écarter cela comme étant la conséquence d’un "manque de confiance en soi". Toutefois, si le problème était là, le "blocage de l’envoyeur" n’affecterait jamais les écrivains qui ont une opinion d’eux-même relativement bonne — c’est pourtant le cas. Je pense qu’un autre facteur est impliqué : le problème de "l’image".

    Quand on prononce les mots "Je veux devenir écrivain", on a automatiquement une image de ce qu’un écrivain est. Souvent, cette image est plus visuelle que verbale. Certains "voient" l’écrivain comme une personne studieuse et professorale tapotant un clavier dans une pièce remplie de livres ; d’autres le "voient" comme l’auteur très soigné et sûr de lui pontifiant lors d’un important débat télévisé. Quoi que l’on "voit" quand on pense à un "vrai" écrivain, toutefois, le problème est que bien trop souvent, on ne se voit pas soi-même.

    Si votre "portrait d’écrivain" intérieur ne correspond pas à ce que vous voyez dans le miroir, vous doutez de votre capacité à "devenir" ce que vous imaginez être un écrivain. Cette inquiétude est souvent alimentée par des interviews d’auteurs à succès dont les habitudes de travail, l’expérience, et, oui, l’apparence aussi, ont très peu de points communs avec les nôtres. Si nous ne sommes pas à la hauteur, comment nos manuscrits pourraient l’être ?

    Ce dont nous avons besoin, c’est de sainement faire éclater ces mythes. Sortons quelques-unes de ces images de notre placard mental et voyons comment elles résistent à la lumière de la réalité !

    Les Mythes du "Vrai Écrivain"

    Avec un peu d’optimisme, vous avez déjà mis de côté la notion qu’un "vrai écrivain" est payé à la brouette. Mais qu’en est-il de ces autres choses que l’on a été amené à croire à propos des vrais écrivains, grands noms et couronnés de succès ?

    1) Les vrais écrivains sont organisés. Cette image est trompeuse, parce que pour la plupart d’entre nous, visualiser "organisé" revient à voir "soigné", "propre". Un écrivain organisé, imagine-t’on, aurait ses projets classés dans des dossiers bien rangés, étiquetés et référencés, avec des tableaux pour garder le fil de ses travaux en cours. Le bureau d’un tel écrivain n’aurait rien à voir avec le nôtre, avec des papiers et des dossiers éparpillés partout, et les notes de notre dernière entrevue téléphonique griffonnées sur un bout de prospectus. Mais est-ce qu’un tel bureau signifie vraiment que vous êtes désorganisé ? Il y a de grandes chances pour que la réponse soit non. Si vous pouvez mettre la main sur le dossier dont vous avez besoin, ou lire ces notes griffonnées quand il est temps de taper l’entrevue, peut-être que vous n’avez pas besoin de classeurs rangés par code-couleur. Ce n’est pas le soin qui compte dans l’organisation, mais ce qui fonctionne le mieux pour un individu. Et quelle que soit la pagaille qui règne sur votre bureau, quelque part il y a un grand auteur à succès dont l’espace de travail a une allure bien pire que le vôtre.

    2) Les vrais écrivains sont des intellectuels. Beaucoup d’entre nous chérissent l’image de l’écrivain érudit, des lunettes épaisses comme un fond de bouteille perchées sur un nez tâché d’encre, entouré d’une multitude d’étagères remplies de livres ésotériques. En réalité, un très grand nombre d’auteurs qui réussissent bien (et sont extrêmement bien payés) n’ont jamais été diplômés du supérieur (et ne parlons même pas des formations universitaires sur l’écriture). Certains des auteurs les plus respectés du monde ont travaillé sur des bateaux à vapeur, combattu sur des rings, balayé des sols, ou lavé des plats. Beaucoup n’ont pas eu l’opportunité de faire des études supérieures, à cause de la pauvreté ou parce que de telles portes étaient fermées à leur race ou à leur sexe. Le pouvoir de leurs mots ne vient pas de la tour d’ivoire du monde universitaire, mais des allées sales de la vie. Alors ne vous inquiétez pas de savoir si vous avez suivi les bons "cours" pour devenir un écrivain à succès ; aussi minime qu’ait été votre instruction, vous trouverez un grand écrivain qui en a reçu encore moins.

    3) Les vrais écrivains ont vécu des quantités d’expériences intenses, requérant du courage et marquant un tournant dans leur vie. C’est vrai, Ernest Hemingway a pas mal voyagé. Mais tous les écrivains d’action n’ont pas été dans l’arène ou lutté contre un marlin en pleine mer. De même, un écrivain ne doit pas nécessairement souffrir de la tragédie, perte, dépression, rejet (à l’exclusion des lettres de refus), ou "leçons de vie" similaires pour être à même d’écrire sur l’expérience humaine. Quelle que soit votre "condition", vous trouverez quelque chose dans votre expérience qui résonne avec les autres. La clé est de reconnaître ces expériences et leçons qui ont fait une différence dans votre vie — même si vous n’avez pas fait le tour du monde à la voile ou gagné votre vie en balayant des sols.

    4) Les vrais écrivains ne sont pas comme les autres. Parfois, ce mythe est une façon aseptisée de dire que les vrais écrivains sont un peu fous, ou trouvent leur meilleure inspiration à l’aide de substances réglementées. Un bon moyen de dissiper la seconde partie de ce mythe est simplement d’écrire quelque chose éméché et de le lire une fois sobre. En ce qui concerne le reste, les "vrais" écrivains sont pratiquement des gens comme les autres : ils veulent payer leurs factures, dîner dans un bon restaurant de temps en temps, et permettre à leurs enfants de faire des études. Mais ce mythe a aussi un noyau de vérité : les écrivains ne sont pas comme tout le monde. Combien de vos amis, collègues, camarades de classe, et membres de la famille comprennent votre passion pour les mots ? Combien d’entre eux seraient prêts à abandonner un travail à plein temps et des congés payés pour l’incertitude de la vie d’écrivain ? Si vous avez décidé que votre amour des mots l’emportait sur le film du soir ou même un salaire régulier, vous remplissez déjà ce critère : vous n’êtes pas comme tout le monde (et qui sait, peut-être que vous êtes un peu fou !). Mais vous êtes comme beaucoup de grands écrivains qui ont fait les même choix.

    5) Les vrais écrivains sont sûrs d’eux. Certains le sont. D’autres non. Mais si vous êtes "bloqué" dans l’envoi de ce roman à un éditeur parce que vous ne pouvez pas vous imaginer chez Oprah [1], détendez-vous et achetez quelques timbres. Même si votre livre est accepté, Oprah n’aura pas de copies des épreuves ou votre numéro de téléphone avant un an ou deux. Entre-temps, vous découvrirez peut-être que vous avez ce qu’il faut pour faire un bref exposé à votre club local d’écriture, ou vous connecter pour participer à un chat d’auteur, ou accepter une invitation pour parler à une conférence. Et avant de vous en rendre compte, quand Oprah appellera, vous serez prêt à considérer l’offre — parce que vous aurez découvert que le trac n’est pas mortel, et que vous avez vraiment quelque chose à dire, même si (comme beaucoup de "vrais" écrivains) vous devez boire une bouteille de Pepto-Bismol [2] avant d’être capable de le dire !

    6) Les vrais écrivains sont déterminés. Voilà un des mythes les plus collants qui soient. Si vous étiez "déterminé", rien ne vous empêcherait de finir ce roman, cette nouvelle, cet article. Le fait que ce ne soit pas le cas signifie sûrement que vous ne vous intéressez pas assez à l’écriture pour en faire votre priorité absolue. La simple vérité est que la plupart des gens ont de multiples priorités, et souvent l’écriture n’est pas la première. Il y a de fortes chances pour que vous n’alliez pas divorcer ou placer vos enfants en famille d’accueil (aussi attrayantes que ces options puissent parfois sembler) juste pour avoir plus de temps d’écriture — ou quitter votre travail et manger dans des bennes à ordures pendant que vous finissez votre premier roman. Seuls les personnages mythiques peuvent se permettre de se focaliser sur un but unique et dévorant, ils n’ont pas de courses à faire, de vêtements à laver ou de voiture à vidanger. Les auteurs à succès, de leur côté, sont simplement des gens qui ont appris à ajouter l’écriture dans l’exercice d’équilibre complexe de la vie.

    7) Les vrais écrivains écrivent tous les jours. Vous avez lu ce conseil dans tous les magazines d’écriture, donc il doit être vrai, non ? Les vrais écrivains consacrent un certain nombre d’heures quotidiennes à l’écriture, ou bien ne s’arrêtent pas avant d’avoir achevé un certain nombre de pages. Si vous n’écrivez pas tous les jours, votre muscle de l’écriture va devenir "mou". Si vous n’écrivez pas aujourd’hui, ce sera plus difficile d’écrire demain, et presque impossible le jour suivant. Ou c’est ce qu’on vous a dit. Hélas, je ne me souviens pas de l’endroit où j’ai lu un article qui perforait admirablement ce mythe, donc je vais paraphraser : les médecins voient-ils des patients tous les jours ? Les sculpteurs sculptent-ils tous les jours ? Les pasteurs prêchent-ils tous les jours ? Non ! Les gens avec un métier ordinaire ne "travaillent" pas tous les jours, et les écrivains non plus. En effet, si on ne prend pas le temps de se détendre, se rafraîchir, se promener et d’interagir avec le monde en dehors de nos claviers, il y a de grandes chances que nous perdions notre aptitude à rester "original", en temps qu’écrivain — sans parler du fait que nous ne trouverions pas beaucoup de sujets sur lesquels écrire ! Cela ne signifie pas qu’un planning d’écriture régulier n’est pas important ; ça l’est. Mais un planning de "vie" régulier est important aussi. Si vous tentez d’écrire tous les jours juste parce que vous pensez que vous devez le faire, l’écriture deviendra bientôt une corvée morne, vide de passion ou d’inspiration.

    Il y a, bien sûr, de vrais écrivains qui écrivent tous les jours, de vrais écrivains bardés de diplômes supérieurs, de vrais écrivains dont la prose dérive des tourments de l’expérience de la vie, et de vrais écrivains qui n’auraient pas la moindre crampe d’estomac à l’idée d’être invité chez Oprah. Il y en a aussi des dizaines de milliers d’autres, une variété infinie de "modèles" parmi lesquels choisir. Par conséquent, la prochaine fois que vous vous retrouvez à vous demander à quoi ressemble un "vrai" écrivain, n’attrapez pas un magazine sur l’écriture. A la place, allez regarder dans votre miroir. Ensuite, terminez votre histoire et mettez-la dans le courrier.

     

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  • Ainsi, vous y êtes enfin parvenu. Vous avez terminé votre précieux manuscrit - celui que vous avez passé des mois à créer - et la tentation de le glisser dans un colis postal et de l’expédier à un chaleureux éditeur vous tiraille impitoyablement.

    Je vous incite à résister à cette tentation. Pour le moment, en tous cas.

    Après avoir investi tant de temps et d’efforts pour en arriver là, il serait vraiment dommage de précipiter les choses à cette étape cruciale de la vie de votre manuscrit. Une fois le premier jet terminé, la plupart des auteurs se rend compte qu’il va être nécessaire de réviser ou de partiellement réécrire.

    Il existe quasiment autant de manières de corriger et de réécrire qu’il existe d’écrivains. Certains préfèrent réviser leur texte alors qu’ils sont en train d’écrire. Quelques-uns choisissent de couper et changer de scénario à mi-chemin, lors du processus de création. D’autres semblent faire la course durant le premier jet et passent du temps à le polir une fois terminé. Je fais partie de ceux-ci.

    Peu importe la technique que vous préférez, à partir du moment où elle fonctionne pour vous. Le but est d’obtenir un manuscrit professionnel qu’un éditeur achètera, avec un peu de chance.

    Jetons donc un oeil à douze techniques de fignolage qui pourraient faire la différence entre une vente et un refus.

    1 - Imprimez

    Voir les mots affichés devant vous sur un écran est une chose. Lire vos mots sous une forme différente vous permettra de les voir selon une perspective différente. Si vous écrivez à la main, tapez-les. Si vous utilisez un ordinateur, imprimez une copie sur papier.

    Je me rends bien compte que cette méthode n’est pas gratuite, mais examiner votre travail sous une nouvelle lumière mettra l’accent sur beaucoup de petites erreurs et de contradictions qui ne seraient pas aussi évidentes autrement. Observer votre travail sous différents formats lui sera bénéfique.

    2 - Lisez à voix haute

    D’accord, quelqu’un qui jetterait un coup d’oeil par votre fenêtre pourrait trouver cela un peu idiot, mais de toute façon il y a de grandes chances que personne ne regarde. Le but de cet exercice est de faire ressortir le rythme naturel (ou son absence) de votre écriture.

    Pour cette étape, un bloc-notes et une importante réserve de stylos seront utiles. En lisant, ne cédez pas à la tentation de vous arrêter et de corriger, quelle que soit la redondance ou l’expression maladroite. Prenez en notes dans votre carnet tout ce que vous remarquez, mais continuez à lire. Vous passerez plus tard à l’étape de réparation.

    Rien ne profitera davantage à votre écriture que le fait de la lire à voix haute. Vous découvrirez des nuances de rythme et d’interprétation que les mots imprimés ne montrent pas. Vous pourriez également découvrir d’étranges cadences qui cassent le rythme. Quel que soit ce que vous découvrirez, entendre ce que vous avez écrit vous permettra de prendre du recul.

    3 - Orthographe et grammaire

    Lorsque l’on lit quelque chose que l’on a soi-même créé, on anticipe souvent les mots. Souvent, votre esprit verra le mot que vous aviez l’intention d’écrire, plutôt que l’erreur réelle. Le correcteur d’orthographe de votre ordinateur ne remarquera pas ces écarts.

    Des termes tels que "qu’il" et "qui" sont faciles à confondre et encore plus faciles à négliger. Après tout, ce sont de si petits mots.

    Demandez-vous comment vous vous sentiriez en ouvrant le livre d’un auteur, si vous y trouviez des fautes de frappe triviales éparpillées d’un bout à l’autre de l’histoire. Je suis sûre que cela ne vous plairait pas, et que l’histoire ne semblerait pas aussi agréable, du fait de cette gêne. C’est de cette manière qu’un lecteur potentiel verra votre travail. Prenez le temps de le parcourir avec attention.

    4 - Inconsistances de l’intrigue

    Pendant que vous faites cette relecture initiale, vous découvrirez peut-être l’existence de noeuds dans votre histoire qui ne se démêlent pas comme prévu. Vous pourriez également vous apercevoir que vous avez entamé plusieurs fils de l’intrigue qui se sont évaporés par la suite.

    Cela arrive. Vous connaissez tous les détails de votre histoire sur le bout des doigts. De votre point de vue, toutes les informations sont déjà là. Mais c’est le point de vue du lecteur qui importe, ici. Le simple fait que la conclusion vous semble logique ne signifie pas que votre écriture a clarifié vos intentions.

    Il se pourrait que vous vous soyez emballé au moment critique de l’histoire, ou que vous ayez été captivé par l’attrait des personnages, et l’entrelacs de l’intrigue que vous aviez commencé s’est perdu sur l’instant. C’est le moment de ramasser tous les fils défaits et de les rassembler pour en faire une conclusion nette et satisfaisante.

    5 - Personnages

    Votre point de vue est-il cohérent ? Avez-vous des personnages qui errent dans l’histoire, puis qui finissent en queue de poisson, sans contribuer à quoi que ce soit ? Les traits de vos personnages tiennent-ils la route ?

    Si vous avez introduit dans le premier chapitre une protagoniste brune et mesurant 1m64, la décrire comme blonde et mesurant 1m72 dans le chapitre six ne va pas plaire aux lecteurs, encore moins à un éditeur.

    De même, il est maladroit de mettre en scène un personnage simplement pour lui faire dire une réplique, ou fournir une information spécifique. Trouvez le moyen d’utiliser un personnage déjà existant pour cela, ou encore mieux, étoffez ce figurant pour qu’il contribue davantage à l’intrigue plutôt que de lui donner un simple rôle de messager.

    Parfois cependant, les personnages mineurs sont importants. L’inconnu qui sert derrière le comptoir, la femme au guichet, la petite amie du fils du voisin. C’est une bonne chose que de montrer les figurants, mais interrogez-vous sur leur pertinence dans votre récit avant de vous lancer dans l’histoire de leur vie, ou pire, leur point de vue.

    6 - Faites avancer votre intrigue

    Sachez quels sont les conflits de votre histoire. Les conflits aident à créer de la tension, qui entraînera votre récit vers l’avant. Si vous omettez les bonnes descriptions ou encombrez la scène, un peu de cette impulsion peut être perdue.

    Parfois toutefois, le frisson ressenti en écrivant des scènes d’action ou des scènes érotiques peut vous faire perdre de vue la direction que prenait votre histoire. Ajouter une scène ou deux pour que le tout soit plus excitant ne fonctionnera pas si cela ne fait pas avancer votre intrigue dans le bon sens.

    Il est difficile de massacrer une grande section d’écriture ou une partie de dialogue que vous appréciez particulièrement, mais soyez brutal. Si cela ne fait pas avancer votre histoire ou ne renforce pas le cœur de l’intrigue, alors fermez les yeux et appuyez sur supprimer.

    Imaginez la façon dont un lecteur se sentira en lisant votre travail pour la première fois. L’action est-elle suffisamment propulsée, assez pour lui faire tourner les pages les unes après les autres ? La lutte du protagoniste est-elle suffisamment crédible pour susciter un sentiment d’empathie chez vos lecteurs ?

    Encore une fois, ne cédez pas à la tentation d’arrêter de lire et de régler le problème. Gardez une trace de tout changement dans votre bloc-notes.

    7 - Éliminez le superflu

    Quelle que soit la chose que vous décriviez dans votre monde fictif, soyez spécifique. Dire à un lecteur "l’herbe était d’une nuance de vert" ou "elle se sentait comme malade" est fade et faible. Si l’herbe est verte, alors dîtes-nous qu’elle est verte. Si votre personnage est malade, alors dîtes-nous qu’il l’est, et assurez-vous d’ajouter les symptômes de ce dont il souffre.

    De même, fouillez et supprimez chaque mot, verbe et modificateur faibles. Éliminez toutes les idées abstraites et remplacez-les par des images concrètes qui aideront vos lecteurs à visualiser ce qui se passe.

    Scrutez votre manuscrit à la recherche de combinaisons nom-adjectif qui peuvent être remplacées par un nom plus fort, plus spécifique. Supprimez tous les mots non nécessaires qui n’ajoutent rien à l’histoire ou au portrait des personnages. Éliminez tous les clichés. Si vous devez utiliser une métaphore ou une comparaison, créez-en une qui vous soit propre et unique.

    8 - Actif contre passif

    La voix passive affaiblit tout extrait d’écriture, tandis que la voix active ajoute du pouvoir et de l’imminence à votre histoire. Au lieu d’écrire "le bateau était secoué par une mer agitée", remplacez par "la mer agitée secouait le bateau". Soyez à l’affût de tous les passages à la voix passive et retirez-les, ou remplacez-les par une alternative plus forte.

    9 - Simplifiez

    Votre intrigue est-elle obscurcie par une chronologie tortueuse, trop de flash-backs ou des fils d’intrigue déconcertants liés entre eux de façon incorrecte ? Songez à éliminer quelques-uns de ces problèmes pour clarifier la chronologie.

    Faites des descriptions simples avec des noms forts. Réduisez vos dialogues à leur simple essence. Les détails en plus ne seront pas perdus et les conversations sembleront plus concises.

    Les formes positives de description sont plus claires et plus directes que les négatives. Pendant que vous parcourez votre travail, prenez en note les mots pas et ne. Puis trouvez le moyen de nous dire ce qui est plutôt que ce qui n’est pas.

    La simplicité amène la clarté.

    10 - Répétition

    La diversité est un facteur-clé pour conserver l’intérêt du lecteur. Cherchez puis trouvez des synonymes pour tous les mots ou phrases fréquemment répétés.

    En parcourant cet article, le nombre de fois où j’ai utilisé le mot "remplacer" est effrayant. Je devrais trouver un moyen de réarranger ma structure pour que ce mot n’apparaisse pas aussi souvent, ou alors je risque d’être répétitive.

    11 - Cherchez une autre opinion

    Après avoir finalement effectué tous les changements et révisions inscrits dans votre bloc-notes, il est temps de chercher une autre opinion. Un point de vue impartial pourrait relever quelques contradictions que vous-même auriez manqué lors de la dernière révision. En plus de cela, il est toujours préférable que quelqu’un d’autre vérifie votre travail avant qu’un éditeur ne le voie.

    Peu importe qui lit votre travail. Vous ne cherchez pas un éditeur classe A, juste l’opinion d’un lecteur honnête. Tout ce dont vous avez besoin, c’est une idée de la façon dont votre histoire l’a touché. Après tout, plus de 95% de vos lecteurs entreront finalement dans cette catégorie.

    Et s’il se trouve que ce lecteur relève deux ou trois petites choses, l’objectivité aura valu le temps et les efforts.

    Une alternative ici est de soumettre votre manuscrit à un atelier. Parfois les critiques pourront vous sembler dures, et parfois vous recevrez des encouragements ou des éloges pour votre travail, mais dans la plupart des cas cela vous aidera à comprendre la façon dont différentes personnes interprètent vos mots.

    12 - Re-révisez

    Une fois votre relecture terminée, il est temps de rendre les changements réels. Prenez le temps de modifier les redondances et de supprimer les passages inutiles. Cela peut prendre du temps, mais l’histoire n’en sera que plus forte.

    À l’instant où vous pensez avoir terminé, et qu’il est temps d’envoyer votre chef d’œuvre dans le grand méchant monde, relisez-le .

    C’est une étape importante. Lorsque l’on ajoute des mots supplémentaires ou que l’on modifie les parties qui ne fonctionnaient pas, il est inévitable de faire quelques erreurs. De simples fautes de frappe, oublier de supprimer le reste d’une phrase incomplète, dupliquer des lignes ajoutées. Ce genre de choses arrive.

    Ne faites pas l’impasse sur cette étape. Parcourez encore une fois votre manuscrit avec attention. Quand vous êtes certain que tout est en place dans votre histoire et qu’elle est aussi peaufinée qu’elle pourra jamais l’être...

    Envoyez-la au dehors

     

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  • En tant qu’écrivain, vous voulez naturellement vous faire un nom. Mais qu’en est-il si ce nom n’est pas celui avec lequel vous êtes né ? Écrire sous un pseudonyme ou sous un "nom de plume" est une bonne et honorable tradition ; beaucoup des plus grands noms de la littérature ont été "inventés" et bien des auteurs des meilleures ventes d’aujourd’hui utilisent eux aussi des pseudonymes. Devriez-vous faire de même ?

    La réponse dépendra de la raison pour laquelle vous souhaitez faire ainsi. Comme toutes les décisions en rapport avec l’écriture, il y a de bonnes et de mauvaises raisons pour utiliser un nom de plume. Commençons avec quelques mauvaises raisons :

    1. "J’aimerais quelque chose de plus exotique." Cela implique souvent l’hypothèse selon laquelle les éditeurs (ou les lecteurs) sont plus "impressionnés" par un nom plus intéressant. Ce ne sera pas le cas. Laissez votre écriture les impressionner, et bientôt votre nom sera considéré comme "impressionnant" par lui-même.

    2. "Je voudrais un nom qui reflète mon moi intérieur." Cela dépend de ce qu’est votre "moi intérieur". Si un nom comme "Merlin Firecat" ou "Lady Starshine" peut refléter quelque chose de profondément ancré en vous, il va probablement transmettre une impression d’amateurisme à un éditeur. Si vous voulez utiliser un pseudonyme, choisissez-le professionnel.

    3. "Je ne veux pas que tout le monde sache que je suis l’auteur." La plupart des éditeurs ont peu de patience à l’égard des auteurs qui veulent "se cacher" derrière un faux nom. Si vous présentez une opinion controversée, vous devez être prêt à la défendre. Si vous craignez que certains ne respectent pas le genre dans lequel vous écrivez, gardez à l’esprit que c’est leur problème et non le vôtre. Et finalement, si vous avez honte de ce que vous écrivez, vous feriez probablement mieux de changer de sujet que de changer votre nom.

    4. "Je ne veux pas que mes connaissances/amis/collègues de travail sachent que j’écris sur eux." Un pseudonyme ne vous protégera pas contre les répercussions légales liées au fait d’écrire sur d’autres personnes — par exemple des accusations de calomnie ou de diffamation. Plutôt que de déguiser votre identité, il pourrait être plus avisé de déguiser celle de vos sujets, ainsi personne ne pensera que vous écrivez à propos d’"eux" en premier lieu.

    5. "Personne ne me respectera parce que ------ (remplissez le blanc)." L’époque où l’on écrivait sous un pseudonyme masculin uniquement parce que l’on était une femme est révolue depuis longtemps. Aujourd’hui, il est inutile de s’appeler "George Sand" quand "Aurore Dupin" ferait tout aussi bien l’affaire. Vous ne devriez pas non plus, en théorie, ressentir le besoin de cacher votre origine, votre ethnie ou votre culture derrière un pseudonyme. Toutefois, vous devriez probablement vous baser sur votre expérience pour prendre une décision à ce sujet.

    Il y a aussi de nombreuses bonnes raisons d’utiliser un pseudonyme :

    1. Votre écriture peut interférer avec d’autres aspects de votre carrière. Malheureusement, certaines professions ne s’harmonisent pas très bien avec la vie d’écrivain. Si vous êtes un professeur de littérature très respecté le jour et un écrivain de ce que vos collègues (et patrons) considèrent comme de la fiction "non littéraire" la nuit, vous avez là une bonne raison d’utiliser un pseudonyme. Certains écrivains trouvent qu’un nom de plume est un moyen excellent et nécessaire pour séparer leur carrière d’écrivain de leur travail.

    2. Vous écrivez dans plus d’un genre ou domaine. Les écrivains qui ont tenté de "croiser les genres" ont souvent obtenu un résultat décevant. Les agents et les éditeurs peuvent aussi préférer qu’un auteur utilise des noms différents pour des genres différents ; Dean Koontz, par exemple, a utilisé plusieurs pseudonymes par le passé (mais ne fait plus ainsi). Plutôt que de dérouter vos lecteurs, il peut être préférable de développer différents lectorats pour chacun des genres dans lesquels vous écrivez.

    3. Vous écrivez dans un genre qui a "des attentes" à propos de ses auteurs. À quand remonte la dernière fois que vous avez vu un roman d’amour par "Jacques Forgeron" ou un thriller endurci par "Felicité Valentin" ? Dans certains genres, les auteurs préfèrent souvent se conformer aux attentes du lecteur (ou les éditeurs exigent peut-être qu’ils fassent ainsi).

    4. Vous avez des antécédents d’échec. Plus d’un auteur a subi une série de fiascos (ou même un roman qui a connu moins de succès que les autres) et va écrire des best-sellers sous un nom différent. S’il est probable que les éditeurs ou les agents associent votre nom à vos échecs précédents, il pourrait être avisé d’essayer un patronyme différent. Toutefois, n’essayez pas de rééditer ces "fiascos" après que votre nouveau nom ait connu le succès !

    5. Vous avez le même nom qu’un auteur déjà existant. Si votre nom est Stephen King, Anne Rice, ou J. D. Salinger, votre éditeur peut exiger que vous "le changiez" pour éviter la confusion. Parfois vous pouvez vous en sortir avec une variation de votre nom — par exemple, en écrivant en tant que S. B. King ou A. Gloria Rice (en présumant que celui-ci soit votre second prénom).

    6. Vous écrivez en collaboration. Souvent, des auteurs qui collaborent inventeront un pseudonyme pour donner l’impression qu’un livre a été écrit par un unique auteur. Par exemple, Robert Silverberg et Randall Garrett ont collaboré sous le nom de "Robert Randall."

    7. Vous utilisez un "nom maison" de l’éditeur. Quelques pseudonymes — comme "V. C. Andrews" — appartiennent à l’éditeur. Dans ce cas, le pseudonyme est généralement une marque déposée. Les auteurs qui écrivent sous de tels noms travaillent généralement au forfait (c’est-à-dire qu’ils ne seront pas autorisés à revendiquer un tel travail sous leur propre nom avant un long moment).

    8. Vous détestez votre nom. Dans certaines circonstances, avoir un nom "affreux" peut être une raison suffisante pour utiliser un pseudonyme. Par exemple, si votre nom est Lila Latrine ou Barnaby Backhouse, vous pourriez vouloir un nom de plume plus littéraire. Le même cas pourrait s’appliquer si votre nom est difficile à prononcer ou à orthographier (et donc difficile pour des lecteurs à se rappeler ou à commander à la librairie) ; par exemple, Dennis Max Cornelius Woodruffe-Peacock a raisonnablement choisi d’écrire en tant que "Max Peacock."

    9. Vous écrivez pour des publications concurrentes. Après avoir lu cet article dans Inklings, Carolee Boyles indique qu’une autre bonne raison pour utiliser un pseudonyme est lorsque que l’on écrit pour des publications concurrentes dans un même domaine. "Je suis bien connue dans une très petite industrie, dans laquelle les magazines commerciaux sont très compétitifs. J’écris pour un magazine sous mon propre nom. Il y a environ un an, un autre m’a demandé d’écrire pour lui, mais parce que mon nom était sur le bandeau du premier magazine, j’ai dû refuser. Ils sont allés chez mon éditeur original et lui ont demandé si ce serait d’accord pour moi d’écrire pour eux sous un autre nom. Donc, je suis Carolee Boyles (moi-même) pour un magazine, Marjorie Sessions pour un autre et je suis sur le point de devenir Max MacKenzie pour un troisième. Les éditeurs savent tous ce que je fais, mais je ne mélange pas les sujets entre les magazines, et je garde les noms séparés. Tout fonctionne à l’avantage de chacun."

    La logistique des pseudonymes

    Souvent, écrire sous un pseudonyme est aussi facile que de mettre l’expression "écrit en tant que" sur votre manuscrit. Pour des articles, des histoires courtes et de la poésie, vous pouvez simplement mettre votre nom réel dans le coin supérieur gauche de votre manuscrit (ou sur la couverture) et inscrire votre pseudonyme sur une ligne au-dessous du titre. Cependant, pour vous assurer que votre éditeur publie le travail sous le nom "correct", vous pouvez rappeler à l’éditeur dans votre lettre d’accompagnement que vous "écrivez en tant que" votre pseudonyme.

    Aux États-Unis, le Bureau des Droits d’auteur offre plusieurs façons d’enregistrer des travaux écrits sous pseudonyme. Le premier, et le plus sûr, est d’enregistrer votre nom légal sous "écrivant en tant que," suivi par votre pseudonyme (par exemple, "Marie Smith, écrivant en tant que Marianne Carmichael"). Vous devez aussi cocher "oui" à la question, "cet auteur a-t-il contribué à un travail sous pseudonyme ?" Si vous ne voulez pas révéler votre identité, vous pouvez aussi fournir seulement votre pseudonyme et l’identifier comme tel (par exemple, "Marianne Carmichael, pseudonyme") ou laisser blanc l’espace réservé à l’auteur. Vous pouvez aussi utiliser votre pseudonyme à la ligne "prétendant aux droits d’auteur", bien que le Bureau des Droits d’auteur avertisse que l’utilisation d’un nom factice pourrait ici provoquer des problèmes légaux quant à la propriété du droit d’auteur et suggère que vous consultiez un avocat d’abord.

    Malheureusement, il n’est plus aussi simple de garder secret votre nom réel aux yeux de vos éditeurs. Dans le passé, on pouvait souvent utiliser un pseudonyme pour toute la correspondance éditoriale et prendre simplement une disposition avec sa banque pour avoir des chèques déposés sous son pseudonyme. Maintenant, les éditeurs sont obligés d’informer l’IRS [1] (via le Formulaire 1099) des paiements faits aux auteurs, ce qui signifie qu’ils doivent avoir votre numéro de Sécurité sociale et votre nom réel. Cependant, si vous utilisez un agent, vous pouvez traiter de tels paiements par son intermédiaire sans révéler votre identité aux éditeurs.

    La dernière chose à garder à l’esprit quand on utilise un pseudonyme est qu’il ne vous protégera d’aucun procès qui pourrait résulter de vos écrits. Un pseudonyme n’a aucune existence comme entité "légale" ; peu importe quel nom vous mettez sur votre travail, la responsabilité de ce travail repose toujours sur vous.

     

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  • Qu’est-ce qui distingue la fantasy des autres genres ?

    Elle peut utiliser le même cadre qu’un roman policier contemporain ou qu’un roman d’amour historique, alors pourquoi n’est-elle ni l’un, ni l’autre ? Tout d’abord, le ton ou l’accent d’une histoire de fantasy ne porte pas sur l’histoire romantique ou le mystère, bien que les deux puissent être un facteur important de l’histoire. La majorité des travaux de fantasy contient des éléments de magie, que ceux-ci soient inhérents au cadre, aux personnages ou à quelque chose de manipulable.

    La première étape pour décider de la manière d’ajouter de la magie dans votre monde est de déterminer qui ou ce qui la détient ou l’utilise. Est-ce que ce sera tout le monde ou juste quelques privilégiés ? Sera-t-elle acceptée et banale ou redoutée et illégale ? Fera-t-elle partie des habitants eux-mêmes ?

    Ceux qui utilisent ou développent la magie dans votre monde affecteront grandement votre intrigue et les personnages eux-mêmes. Si la magie est limitée à un petit nombre (comme dans Harry Potter), comment y répondra le reste du monde ? Une personne utilisant la magie sera-t-elle mise à l’écart ou persécutée ? Considérez l’extrême opposé. Dans le premier livre de Xanth, Bink a été exilé parce qu’il ne possédait pas de talent magique. Votre monde peut prendre position ou se placer quelque part entre les deux. La série Harry Potter est en fait un mélange des deux : dans le monde "réel", peu détiennent de talents magiques et ceux-ci sont gardés secrets, mais dans la communauté magique, ceux qui sont nés sans magie sont traités avec pitié et/ou mépris.

    La plupart des histoires de fantasy limitent la magie disponible pour les personnages à cause d’une raison très importante : le conflit. Si tout le monde possède une magie illimitée, alors où se trouvent les possibilités de conflit ? Si un magicien peut réduire en poussière tous ses ennemis au premier signe d’ennuis, il devient alors impossible d’accroître la tension. Le magicien (bon ou mauvais) doit pouvoir perdre sans quoi il n’y a plus de suspense.

    La cohérence est une préoccupation importante lors du développement des systèmes magiques. Si la sorcière Beurkabette se souvient soudainement à la page 400 qu’elle peut réduire à néant ses ennemis par une pensée alors le monde que vous avez créé perd de sa crédibilité.

    Beaucoup d’écrivains confondent la cohérence avec la rigidité et ont l’impression de ne plus avoir de place pour le développement ou le changement. Ce n’est pas vrai. Un personnage qui a des problèmes pour allumer une bougie à la page 3 peut tout de même incendier une ville entière à la page 300 SI l’histoire appuie ce changement en donnant l’impression au lecteur que les pouvoirs et aptitudes du personnage se sont développés. À aucun moment, les facultés du personnage ne doivent miraculeusement changer pour résoudre le conflit final.

    Dans Le Fléau du Chalion de Lois Bujold, le personnage principal accomplit un miracle, mais Bujold a construit son monde autour des cinq dieux/déesses et de leurs antécédents d’attribution de pouvoirs miraculeux à leurs rares élus. L’histoire est construite d’une main de maître vers cette conclusion et le lecteur ne part pas avec le sentiment que l’auteur a "triché".

    Source :

    L’origine de la magie dans votre monde peut avoir une importance vitale. Elle peut provenir d’un pouvoir universel (la Force), d’un don divin (les mythes à travers le monde utilisent souvent cela), des fondements de la nature (les elfes de Tolkien), ou d’un dérivé de la force vitale (la trilogie Secret Texts de Holly Lisle en est un excellent exemple).

    Technique :

    Si vos enchanteurs, mages ou sorcières ont besoin d’ingrédients spéciaux et d’herbes pour travailler leur magie alors, où les trouveront-ils ? Si la magie est utilisée ouvertement, peuvent-ils trouver ce dont ils ont besoin dans des magasins ou au marché ? Si la magie est crainte ou proscrite, quelle distance devront-ils parcourir pour obtenir les composantes requises ?

    Katherine Kurtz utilise des rituels magiques dans sa série Les Derynis en se servant de l’Église Catholique comme source d’inspiration. La quantité de détails que vous utilisez pour montrer à votre lecteur comment la magie fonctionne dans votre monde dépendra de votre style d’écriture. Kurtz construit doucement la tension et une bonne partie du conflit de la première trilogie prend place uniquement entre les personnages et non pas extérieurement. Alors que Tolkien fait aussi progresser la trilogie du Seigneur des Anneaux à un rythme plus lent que certains romans de fantasy, il n’a pas passé beaucoup de temps à expliquer comment ses sorciers utilisent leurs pouvoirs. Il y a parfois des mots prononcés (par exemple, Gandalf sur le pont faisant face au balrog) mais souvent la magie est aussi simple qu’un mouvement de bâton.

    Pouvoir :

    La quantité de pouvoir qu’un magicien possède dépendra essentiellement de l’intrigue de votre histoire et du rôle de votre magicien dans celle-ci. Beaucoup d’histoires favorisent la puberté en tant que moment "d’éveil magique" ou comme période de développement extrême des talents. C’est à cause de l’incapacité d’un jeune enfant ou d’un bébé à comprendre les conséquences de leurs actes (c’est pour cela que nous ne donnons pas le droit aux préadolescents de conduire une voiture dans notre monde). Quelle que soit la manière dont vos personnages utilisent leur magie ou la façon dont elle interagit avec les autres créatures et forces, il est nécessaire qu’elle suive un ensemble de règles. La cohérence est inestimable dans l’univers magique. Sans cela, la magie devient l’élixir miraculeux qui pourfend les intrigues blessées et délivre des mondes pauvrement développés.


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  • Vous êtes-vous jamais demandé comment certains écrivains arrivaient à produire en série autant de textes en si peu de temps ?

    On dirait que ces auteurs étonnamment prolifiques ne font rien d’autre de leur vie qu’écrire. Il le faudrait, pour être à même de produire la quantité incroyable de travaux qui quitte leur bureau, non ?

    Pas nécessairement.

    La clé pour augmenter votre productivité est d’exploiter au maximum votre temps réservé à l’écriture, en écrivant d’abord les textes que vous avez déjà planifiés. Vous avez une plage de temps réservée à l’écriture dans votre emploi du temps, n’est-ce pas ?

    Peut-être ferait-on mieux de passer directement aux conseils, alors.

    Voici les dix meilleures manières d’augmenter dès aujourd’hui votre productivité dans l’écriture...

    10 - Gestion du temps

    Créez-vous un emploi du temps hebdomadaire. Soyez honnête sur la quantité de temps que vous pouvez vous permettre de mettre de côté uniquement pour l’écriture, sans distraction. Ce temps ne doit PAS être utilisé pour lire ou faire des recherches. Il doit être consacré exclusivement à l’écriture créative. Respectez cet emploi du temps aussi rigoureusement que possible.

    9 - Lire

    Lisez tout. Lisez des livres que vous avez déjà lus parce que vous les aimez. Lisez des livres vraiment mauvais. Lisez en dehors de votre genre habituel. Lisez les publicités sur les boîtes de céréales. Vous apprendrez vite ce qui rend une histoire ou un article mémorable, et comment repérer les idioties à 500 mètres. En bref, lisez.

    8 - Planifier

    Ayez toujours en tête les grandes lignes de ce que vous allez écrire avant de vous asseoir pour accomplir la tâche. Pensez-y dans la voiture (ou dans le bus) en rentrant à la maison. Créez le conflit à venir sous la douche. Discutez d’une scène imminente pendant le dîner (si vous êtes seul, parlez-en avec votre chien/chat/plante verte - ça n’a pas d’importance). Quelle que soit la façon dont vous vous arrangez, quand vous vous posez pour écrire, la scène doit être quasiment au point dans votre esprit. Le syndrome de la page blanche ne peut pas exister si vous avez déjà planifié ce que vous allez écrire.

    7 - Dates limites

    Donnez-vous une date limite réaliste, mais stricte. Si vous écrivez un article, fixez votre date limite au jour suivant celui pendant lequel vous pensez terminer la recherche. Pas d’excuse. Si vous écrivez un texte plus long, soyez conscient de vos propres limites, sans pour autant être si indulgent avec vous-même que vous atermoyiez toujours.

    6 - Pression

    Mettez-vous sous pression. Personne ne crée son meilleur travail sous pression, mais ce sera suffisant pour terminer un premier jet. Vous pourrez toujours le réviser et le perfectionner plus tard, mais commencez par l’écrire. Fixez une date limite, puis envoyez un message à vos amis et appelez votre famille. Dites-leur sur quel projet vous travaillez. Dites-leur quand vous projetez de l’avoir fini. Ensuite, dites-leur qu’ils doivent vous appeler (ou vous envoyer un message) ce jour-là pour lire le résultat de vos efforts. Si vous n’avez pas accompli cette tâche, ils ont le droit de vous taquiner/railler/réprimander jusqu’à ce que vous soyez cramoisi jusqu’aux oreilles. Ça, c’est de la pression ! Et vous devrez rendre des comptes, ce qui est un élément fondamental de motivation.

    5 - Idées

    Tenez un fichier ou un carnet des idées qui vous viennent à l’esprit. Emmenez-le partout avec vous et notez-y toutes les petites choses qui semblent intéressantes. Peut-être n’auront-elles pas leur place dans l’histoire sur laquelle vous êtes en train de travailler, mais elles pourraient aussi bien vous inspirer autre chose, plus tard.

    4 - Travaux en parallèle

    Ne travaillez jamais sur un seul projet à la fois. Cela semble être la façon la plus simple de se disperser, mais ça marche. L’esprit est une créature étrange. Si vous commencez activement trois projets en même temps, alors à chaque fois que votre esprit refuse de coopérer avec une intrigue ou la situation d’un personnage, passez à une nouvelle ou à un article à la place.

    3 - Réviser

    Soyez sans pitié. Souvenez-vous, vous avez une date limite à respecter, alors coupez votre texte bien-aimé jusqu’à l’os, là où la vraie histoire est cachée sous toute cette prose fleurie. Assurez-vous que les yeux de votre personnage sont de la même couleur à la fin et au début. Vérifiez que votre intrigue se tienne un minimum, et sachez quand vous débarrasser des mots que vous aimez. Vous pouvez toujours les mettre dans le “fichier à idées” et les réutiliser plus tard, donc ne paniquez pas.

    2 - Envoyer

    A quoi bon écrire si vous ne soumettez jamais vos écrits au regard critique d’un parfait inconnu ? Faites vos devoirs, cherchez un marché approprié pour votre texte et envoyez-le. Pas demain, mais maintenant. Il est écrit, révisé et poli, et il ne vous sert à rien à reposer au fond d’un tiroir. S’il est refusé, renvoyez-le ailleurs. Un refus n’a rien de personnel. C’est la façon pour un éditeur de vous dire qu’il a déjà épuisé son budget mensuel. Envoyez-le à quelqu’un avec un meilleur sens de l’argent.

    Et la Façon Numéro Un d’Augmenter Sa Productivité est...

    1 - Écrire plus

    Idiot, n’est-ce pas ? Mais c’est vrai. Éteignez la télévision. Mettez les enfants au lit un peu plus tôt. Levez-vous une heure plus tôt. Emmenez un dictaphone dans la voiture. Prenez des notes pendant la pause déjeuner. Simulez des problèmes d’estomac et enfermez-vous dans les toilettes pendant une heure (ça fonctionne !!). Prenez un carnet avec vous plutôt qu’un livre. Arrêtez de surfer sur Internet et ouvrez un nouveau fichier de traitement de texte.

    Mais écrivez plus.

    SOURCE 


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