• Bonjour à tous,

    Bon, je vais pas y aller par quatre chemins, mais depuis ma dernière visite sur ce blog, beaucoup de chose m'est arrivée (bonnes comme mauvaises). J'ai abandonné la littérature (lecture + écriture) pendant plus d'un an afin de me consacrer à une autre passion (le développement informatique orienté web) et mes études informatiques et je commence à regretter de n'avoir pas réussi à pratiquer mes deux passions en même temps. Chose que je peux faire à présent.

    J'arrête donc ce blog et je vous laisse un lien où vous pourrez retrouver toutes mes histoires.

    https://www.fanfic-fr.net/fanfics/auteur/Joadar/6845.html

    Au plaisir de vous lire.

    Cordialement, Joadar.


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  • Je suis toujours vivant ^^.

    ________

     


    "Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée; à présent je connais notre impuissance. N'importe, je fais, je ferai des livres, il en faut, cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnait ; seul ce miroir critique lui offre son image." - De Sartre.


     
     
    Vous trouverez la Liste des Oeuvres Litteraires sur ce lien !
     
     Surtout ne vous privez pas de poster des commentaires, qu'ils soient bon ou mauvais, du moment que je puisse m'améliorer avec vos conseils, vos points de vue, etc...

    Je vous demande de ne pas copier mes histoires, personnages, lieux et autres sans mon autorisation !
    J'ai travaillé dur pour en arriver là où je suis, respectez mon travail. Je ne vous vole pas, ne me volez pas. Je vous respecte, respectez moi.
    Tout mes textes sont sous la protection des droits d'auteur "©".
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    Je vous souhaite à tous une bonne lecture et passez un agréable moment sur ce site !
     
     Joadar
     


  • Chapitre 2

    La vie scolaire


     

    Perdue, elle été perdue. Cet établissement scolaire, était un vrai labyrinthe. Elle n'osa imaginer ce que lui réserverait l'université voisine, l'année prochaine.

    Son cours d'histoire s'était déroulé au troisième étage du premier bâtiment, maintenant, elle se trouvait au second étage du troisième bâtiment et ne savait pas où se situait le reste de sa classe. La panique commença à s'emparer d'elle. Des frissons l'attaquèrent en premier lieu, suivit de tremblements et des yeux humidifiés. Puis, les pires scénarios défilèrent dans son esprit.

    Les couloirs complètement déserts ne lui permettaient de s'en sortir. Si seulement un élève était là, ou un surveillant pour lui donner le chemin à prendre. Mais à présent elle était en retard, et elle devait incontestablement récolter un billet de retard, fait et tamponné tout droit à la vie scolaire. Chose qu'elle n'avait jamais faite auparavant. À vrai dire, elle était une élève modèle. Aucun retard, aucune punition et aucune heure de colle n'étaient à signaler dans son dossier scolaire. Elle pouvait en envier plus d'un, voir même se faire haïr par d'autres, ce qui était généralement le cas. Tout le monde la détestait car elle n'était pas ouverte aux autres, toujours enfermée sur elle même, dans ses univers fictifs où elle se sentait en sécurité. Loin des autres, elle pouvait accomplir tout ce qu'elle désirait, sauf que ça n'avait aucun effet dans le réel, le point négatif aux yeux de Jo. Plus d'une fois elle avait vu des séries et des films télévision qui mettaient en valeur le sujet des histoires écrites sur un parchemin ou un livre ensorcelé qui se projetait dans le réel fictif. La trilogie de « l'histoire sans fin » faisait partit des films favoris de Jo Niculae.

    Son sac pesait lourd sur son dos. Le poids devenait insoutenable au fil du temps et l'attirait vers l'arrière, donc elle dû compenser en se penchant en avant. Son pull en laine mauve qui était trop grand au niveau des manches et son jean moulant ayant la couleur bleue à la base qui teintait à présent sur le rose, la rendaient comme une étrangère venue tout droit d'un pays insolite, où les habitants de celui-ci ne connaissaient pas la ''mode'' Française. Ce n'était pas de sa faute si elle était vêtue ainsi, mais de celle de sa machine à lavée qu'elle maudissait.

    Tout comme l'humanité.

    La guerre, la pauvreté, les secrets des gouvernements, le réchauffement climatique, la déforestation, les animaux en voix d'extinction, et surtout l'Orchestre, cette superpuissance qu'elle méprisait plus que tout, rendaient la Terre encore plus faible et plus menaçante. L'humanité avait eu son ère de gloire sur ce monde, elle avait fait des millions de victimes – humains ou non – voir plus, uniquement pour survivre et se développer technologiquement au fil du temps. Maintenant, l'Orchestre avait sacrifié des millions de personnes durant la seconde Guerre Mondiale, spécialement pour conquérir le monde et réunir tout les pays en un seul et unique, afin de rendre le monde parfait. La liberté des hommes avait touchée à sa fin. Les États-Unis eurent le bon réflexe de fermer leurs frontières avant d'être contrôlés par un Empire inconnu. D'ailleurs, pour que l'Orchestre eu réussis à posséder le contrôle de plusieurs pays important sur différents secteurs dont le commerce Français, il devait détenir de bons avocats ou de bons arguments. Sauf que ça ne se jouait pas au tribunal : les dirigeants des pays avaient payés leur place et celle de leur nation au sein de cette superpuissance, comme si c'était pour les épargner, eux et la population qu'ils avaient à la charge. Quelque chose se tramait derrière l'Orchestre, quelque chose qui ne présageait rien de bon. Une étudiante non majeure qui enquêterait seule sur ce sujet n'arriverait à rien. Bien qu'elle aimerait connaître la vérité, et réagir face à ça, mais quel prix en payer ? Celui de la prison ? De la mort ? Non, Jo était folle mais pas à ce point là. Risquer sa vie pour un sujet qui n'intéressait personne, c'était inutile. Durant les six décennies de conquêtes de l'Orchestre, aucune révolte ne c'était dressée contre cette superpuissance. À croire que toutes les populations adoraient le régime qui leur était imposé. Les lois de l'Orchestre étaient toute aussi inepte les unes que les autres. Un monde parfait... en réagissant uniquement par des mots ? Non, ça ne pouvait pas changer à partir de simple mots.

    Les minutes défilèrent de plus en plus vite, et Jo paniqua. Elle ne tenta pas de toquer à différentes portes de cours, pour voir si c'était la sienne, par peur. Maintenant, il était trop tard pour rentrer en classe, à moins d'avoir une raison valable. Il fallait soit qu'elle demande de l'aide à un surveillant ou un membre de sa classe pour la guider, ou alors, aller à la vie scolaire, et voir ce qu'on lui dirait.

    Elle décida de quitter le troisième bâtiment pour chercher la vie scolaire – l'endroit où siégeaient les surveillants –, qui devait se trouver normalement à la frontière entre le lycée et l'université.

    Il était encore tôt, simplement dix heures du matin, et pourtant le ciel était sombre, couvert d'épais nuages qui grondaient au loin. La pluie allait être l'invité du jour, depuis le temps que les météorologues l'annonçaient il était temps. Mais aujourd'hui, il allait bel et bien avoir une averse. Un peu de pluie ne ferait pas de mal à personne.

    Jo accéléra le pas, et se trouva seule à l'extérieur. Les lieux étaient entièrement calme, une brise d'air chaud régulière vint faire claquer des volets proche, et provoqua également un sifflement à donner des frissons. Et deux individus qu'elle n'avait pas remarquée plutôt, se tenaient à sa gauche, à discuter sur le parking des enseignants. Jo ne s'intéressa pas plus, mais put apercevoir trois autres hommes vêtu de la même façon, traverser la cours en sens inverse d'elle. Ils possédaient une tenue des plus spéciale : une casquette où y était inscrit ''Sécurité'' dessus, une veste tactique, un pantalon standard des forces de l'ordre, et des chaussures Magnum Amazone noirs. C'était la sécurité de l'établissement scolaire, présent uniquement sous ordre de l'Orchestre. Leur rôle était simple : faire en sortes qu'aucun écolier n'évoque la moindre insulte au sujet du nouvel Empire, et de la culture Anglaise. Ils étaient uniquement présents pour les sensibiliser sur ce point là. Jo ne se sentait pas à l'aise avec eux dans le lycée. En plus, ils étaient armés et avaient souvent les mains sur leurs armes lors des récréation, de quoi effrayer les professeurs et les élèves. L'Orchestre était prêt à tout pour donner un futur à l'humanité. ''Suivez le droit chemin tracé, et tout se passera bien pour vous'', c'était ce que n'arrêtait pas de répéter le Président de la République à la télévision. Bien qu'il n'est plus aucun droit envers le peuple Français, il avait toujours gardé sa place, en tant que messager de l'Orchestre et dirigeant de simples choses non importantes.

    Enfin, Jo arriva dans le bon bâtiment. Quand elle rentra dedans, cela ne changea rien de l'extérieur ; le silence pesait sur la salle principale mais la température était différente : plus fraiche et donc meilleur.

    Une femme se tenait assise derrière un bureau, à regarder l'écran d'ordinateur sans ciller un œil. Une autre personne du même sexe avait le dos tourné à la porte, face à un mur. Elle tapotait son crayon en papier contre sa lèvre inférieur et de temps en temps, notait des mots sur un calepin qu'elle possédait entre les mains.

    Jo ne comprit pas pourquoi aucune des deux n'avaient réagit à son arrivée. Pourtant, elle avait fait assez de bruit pour réveiller quelqu'un endormi ; la porte claquait bruyamment. Elle fit donc semblant de se racler la gorge, et ça fit son effet.

    Oui ? demanda la personne qui écrivait sur son carnet en se retournant vers elle.

    Sur son visage, aucune marque de surprise ou autre était affiché. Simplement des rides causées au manque de sommeil.

    Excusez moi, mais je me suis perdue dans le troisième bâtiment, là où je suis sensée avoir cours.

    La femme cessa son activité et contempla l'étudiante qui était sincère. Perdue... Comment se perdre dans un lycée ? C'était bien la première fois qu'elle voyait une élève seule venir se présenter ici parce qu'elle c'était perdue. Cela était arrivé, mais par groupe d'écoliers, voir une classe entière qui ne localisait pas sa salle respectif.

    Comment tu as fait pour te perdre ?

    Eh bien... mon précédent professeur a voulu me voir à la fin de son cours, je suis donc restée, et c'était trop tard pour suivre le reste de ma classe. Je suis nouvelle de cette année, je n'ai pas encore mes repères dans cet établissement, expliqua Jo d'une voix fragile.

    La vie scolaire en forme de demi cercle possédait un bureau en son centre qui était relié contre le mur le plus proche, deux tableaux se trouvaient accrochés à un autre mur, ainsi qu'une porte fermée. La façade dirigeant vers la cour était une longue bée vitrée aussi sale que si elle se trouvait dans une banlieue. Les jeunes avaient tagués et peints cette vitre de bout en bout en pleine nuit. Il était impossible d'y voir à travers.

    La surveillante posa ce qu'elle avait entre les mains sur le bureau et croisa les bras en étudiant Jo qui n'osait bouger.

    Il est bien trop tard à présent pour que tu rejoignes ta classe. Pour une première journée, tu te fais remarquer, c'est dommage. Et louper les premiers cours de l'année peut-être handicapant pour toi, et rendre douteux tes professeurs à ton sujet.

    Je sais, admit Jo. Mais, ce n'est pas de ma faute.

    C'est la faute de personne, tout de manière, s'invita dans la discussion la surveillante qui ne quittait pas des yeux son écran.

    La jeune Niculae la dévisagea. Une femme d'une trentaine d'année ou du moins, qui avait le physique d'une trentenaire et qui ne détenait sûrement pas la patience de la pionne avec qui conversait Jo actuellement.

    Je suis désolé pour ma maladresse, je promets de ne plus être en retard.

    Des promesses ?! Au diable les promesses en l'air. À notre époque, on a qu'une seule parole et on la tient. On ne promet rien, ceux qui promettent, sont des bons à rien, des incompétents ! Des...

    Alors qu'elle parlait dans le vide, la plus gentille des femmes expliqua dans un murmure à l'adolescente :

    Laisse-là dire ce qu'elle pense. Elle a déjà perdu la tête à force en cinq ans de service ici. J'espère ne pas être comme ça quand je quitterais ce lycée.

    Sur ses mots, elle pouffa silencieusement, de quoi contaminer Jo qui esquissa un sourire.

    La surveillante l'invita à s'asseoir sur un siège le plus proche, tandis que des paroles sans audition parvenaient faiblement dans leurs oreilles.

    Je m'appelle Anne-Sophie, mais tout le monde ici m'appelle Anne-So. Et toi, qui es-tu ?

    Jo Niculae, fit la concernée.

    La pionne s'empara de son bloc note.

    Jo... Niculae, enregistra-t-elle. Quelle classe ?

    Terminale 5.

    Terminale 5, commenta Anne-Sophie tout en notant sur le papier.

    Le sac de cours sur les jambes, Jo eut l'impression de répondre à un questionnaire dans un commissariat, comme si elle avait commit un crime ou en était témoin. Puis, la façon dont la surveillante avait d'écrire tout en disant ce qu'elle immortalisait sur le carnet était bizarre. Comme si elle avait peur de se tromper pour que Jo la rattrape dans une éventuelle erreur.

    Bon, exceptionnellement, tu vas retourner en cours. Ton excuse est plus ou moins valable.

    Et... Qu'est-ce que je vais dire ? Puis, je ne sais toujours pas où se situe la classe...

    Anne-Sophie se leva de sa chaise, s'empara d'un livre épais présent sur un meuble, feuilleta plusieurs pages, puis demanda :

    Terminale 5 ?

    Terminale 5.

    Elle tourna d'autres pages, puis resta devant les mots gravés dessus, à lire quelque chose.

    Cours d'espagnol avec Mlle Rodriguez. Bâtiment trois, premier étage, classe 117. Je vais t'accompagner.

    C'était rassurant. Au moins, on allait la conduire et assurément, elle ne se perdrait pas... ou pas toute seule cette fois-ci. Jo se releva, remercia la surveillante, remit son sac de cours à sa place et patienta quelques instants, le temps que sa guide annonce à l'autre surveillante qu'elle s'absentait.

    Quand elles sortirent de la salle, les premières gouttes chaude provenant des nuages noir vinrent caresser leur visage. L'air était lourd, le vent également et à présent la pluie. De quoi s'étouffer plus à l'extérieur qu'à l'intérieur.

    Ensemble, elles traversèrent la cour sans se soucier des individus de la sécurité et rentrèrent en se précipitant dans le troisième bâtiment. La petite averse était remplacée par sa grande sœur : la grande averse. Et s'aventurer dehors sans capuche ou parapluie était risqué. Dans le long couloir de l'édifice, on pouvait entendre les gouttes frapper violemment les murs dans un son d'étouffement. Les hauts talons de la surveillante vinrent accompagner cette base de musique insolite.

    Une fois au premier étage, devant la porte 117, le cœur de Jo s'élança dans une folle course. Elle redoutait tant les réactions de ses camarades de classe, elle avait peur qu'on se moque une nouvelle fois d'elle. Elle avait déjà eu ses moments de solitude de la journée, ne devrait-elle point en rester là ? Le destin en déciderait autrement.

    Anne-Sophie toqua trois fois et attendit qu'on la convia à entrer avant d'ouvrir la porte. Aucune discussion n'émanait de la salle de cours et tout les regards se figèrent à l'entrée, où Jo rentra avec la tête dans les épaules.

    Bonjour. Cette élève n'a pas sut trouver le chemin menant à votre classe, expliqua la surveillante. Je vous l'emmène donc, en espérant que son retard ne la défavorise pas pour votre cours.

    Non, non, pas du tout, répondit la femme qui possédait la peau sur le os et qui occupait le rôle de professeur d'espagnol. Tien, tu vas t'installer à côté de... Kelly.

    S'installer à côté d'un élève ? Jo avait tout fait pour être toujours isolée et ne jamais se trouver à côté de quelqu'un d'autre. Et aujourd'hui, elle allait être en compagnie d'une adolescente, d'une inconnue. Elle ravala sa protestation avec difficulté et s'installa à sa place désignée qui se trouvait au fond de la classe, par chance. Mlle Rodriguez remercia la pionne et cette dernière sortit en prenant soin de fermer la porte derrière elle.

    Comme si rien n'avait perturbé son cours, le professeur le reprit, tandis que tout les étudiants épiaient Jo avec des regards qui annonçaient rien de bon. Deux filles devant elle chuchotèrent à son sujet et la jeune Niculae entendit parfaitement leurs dires qui traitaient sur le contenu de la discussion entre elle et monsieur Kelley, le professeur d'histoire. Elle fit semblant de ne rien entendre tandis que sa voisine située à sa droite lui dit d'une voix puissante :

    Ne fais pas attention à ceux qu'elles disent. Ce ne sont pas des blondes pour rien.

    Les deux filles se retournèrent à cette phrase alors que les élèves rigolèrent, et Jo esquissa un timide sourire. Sa camarade à ses côtés n'avait honte de rien, contrairement à elle. Elle l'enviait même, de dire ce qu'elle pensait sans se soucier d'un éventuel retour.

    Je suis Jo Niculae, fit Jo en ayant prit son courage à deux mains pour pouvoir parler à sa voisine.

    Il fallait mieux être amie avec cette dernière qui semblait posséder un fort caractère et tenir facilement face aux adultes, que d'être ennemie.

    Bizarrement, on ne lui répondit pas, comme si elle avait été ignorée. Chose qu'elle avait l'habitude avec ses anciennes expériences scolaires. Combien de fois avait-elle été oubliée lors d'excursion ? Combien de fois se trouvait-elle seule lors des travaux par couple dans une classe à vingt quatre élèves ? Vingt-quatre était pourtant un chiffre paire, elle aurait dû trouver assurément un partenaire. Où était le problème dans ces conditions là ? Elle même ne savait pas et ses anciens professeur ne s'en était jamais préoccupés. Donc, pour une grande partie de ses cours, elle travaillait seule dans son coin. Une solitaire, et les autres se demandaient toujours pourquoi elle s'enfermait sur elle même, c'était parce qu'ils le voulaient bien. Sentaient-ils de mauvaises ondes à son sujet, pour la redouter autant ? Jo exagérait un peu, il fallait l'avouer. Elle aimerait tant que quelqu'un veille sur elle, qu'on ne l'ignore pas et qu'on la comprenne.

    Ne crois pas que je vais te défendre à chaque fois, notifia Kelly sur la défensive sans quitter des yeux le tableau de classe.

    Jo fut pétrifiée de la tête aux pieds. Le ton glacial de son interlocutrice parvint à la figer entièrement.

    Je... Je n'ai jamais demandée qu'on me défende...

    Et tu vas te laisser faire ainsi tout le temps ? Faut réagir ma petite quand on parle de toi dans ton dos, il ne faut pas se laisser faire.

    « Ma petite », mais qui est-elle pour me parler comme ça ? On a la même taille et sûrement le même âge, elle s'est regardée avant de parler ? ragea intérieurement Jo.

    La discrétion, Kelly ne connaissait pas quand elle parlait. Tout les écoliers de la classe et même le professeur, ne s'en soucièrent plus, tellement qu'ils avaient l'habitude de l'entendre à voix haute. C'était une fille qui ne pouvait changer comme ça, et il fallait l'accepter ainsi.

    Dans le monde d'aujourd'hui, si tu ne te bats pas, alors tu seras perdante. Tu es une fille type du stéréotype du je-reste-dans-mon-coin-car-personne-ne-veut-me-parler. Va de l'avant ! Ne te laisse pas écraser par les autres.

    Qu'est-ce que tu en sais que je suis de ce genre là ? se renseigna Jo, blessée.

    Oh, je t'ai bien vu en cours d'histoire. Tu es enfermée sur toi même, en train de je ne sais faire quoi. Tu n'écoutais pas le professeur avant qu'il te rappel à l'ordre. Ce n'est pas ça vivre. Vivre c'est en profiter en découvrant les choses dont tu te doutais l'existence, c'est se faire des amis en partageant les mêmes passions, les mêmes hobbies, les mêmes rêves.

    Jo ne savait quoi répondre si ce n'est qu'elle n'avait rien demandée, et elle le dit faisant taire Kelly. Cette dernière la regarda droit dans les yeux, puis souffla et nota le cours dans son propre cahier, laissant cette adolescente dans son monde.

    Jo était bien comme ça, elle vivait heureuse, bien que quand on se moquait d'elle ça lui faisait mal, mais elle se disait de ne pas s'en préoccuper sinon ça tournerait mal pour elle. Vivre seule dans ses mondes imaginaires ne l'avait jamais gênée, elle se sentait bien dedans. Était-il possible qu'elle puisse vivre heureuse autrement ? Elle ne le pensait pas, rien ne pouvait égaler sa première passion, si ce n'était la France, son pays. Un pays où elle ne pouvait vivre librement, où elle était en danger à chaque instant. L'Orchestre... Le groupe, la première puissance mondiale qui lui faisait vivre la crainte. Un monde sans l'Orchestre serait quoi ? Elle aimerait tant pouvoir changer l'histoire et faire que cet Empire n'ai jamais existé et souillé ce monde.

    Remettant ses pensées à plus tard, elle plongea directement dans le cours, ou fit semblant de s'y intéresser...


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  • Je ne suis pas un monstre...


    – Je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre...

    Je répète cette phrase sans cesse dans un long murmure depuis plusieurs jours, en me balançant d'avant en arrière, recroquevillé sur moi même dans un endroit lugubre, où personne ne penserait venir me chercher. Je n'ai ni mangé, ni bu et ni fait de toilette depuis que je suis en fuite, depuis que je suis ici. Mon ventre me fait horriblement mal, mes lèvres sont déshydratées et je ne sens pas bon, bien que je ne remarque pas l'odeur nauséabonde qui émane de mes habits, je sais qu'après quelques jours de transpirations dans les mêmes habits, il y a des résultats.

    Je suis bien dans cet endroit qui est devenu mon jardin secret depuis que j'y réside en me débrouillant seul. Tout de manière, je n'ai pas d'autre choix que d'être indépendant, après ce que j'ai fais, c'est normal. Mais ce n'est pas une raison de me traiter d'abominable ou je ne sais autre mots déplaisant.

    – Je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre...

    Pourtant, tout le monde pense que j'en suis un, après que j'ai commis des actes qu'ils jugent horrible. Ils me cherchent depuis quatre jours exactement, quatre jours que les forces de l'ordre, que les amis de ma famille et ma famille elle même, me pourchassent. Ils n'arriveront pas à me retrouver, car je suis bien caché.

    – Maman, papa, sœurette, je vous aime et je suis désolé si je vous ai fait du mal, je ne voulais pas... je ne voulais pas...

    Les larmes commencent à faire briller mes yeux entourés de cernes. Je ne peux retenir plus longtemps la pression, et elles perlent mes joues en grande quantités, faisant des traces grotesque sur ma peau sale. Comme une personne traumatisée par un événement marquant, je continu à me balancer, en tenant mes jambes.

    Le sol en bois non lissé commence à me faire mal aux fesses. J'ai déjà choppé plusieurs échardes sur mes mains, mes pieds et autres parties de mon corps, et c'est infecté. À croire que les lieux ne sont pas propre et rempli de bactérie. L'apparence de cette salle n'est pas du tout trompeuse. J'y ai même vu un rat mort, en état de décomposition où des vers se régalaient de sa chaire. Une chose qui aurait horrifié plus d'une personne, mais pas moi.

    – Je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre, je ne suis pas un monstre...

    J'entends au loin les sirènes des véhicules de la police qui se rapprochent de seconde en seconde. Décidément, ils auront fini à me retrouver à temps. Je me sens faible, mes forces me quittent au fur et à mesure que le temps passe. Je n'ai pas était alimenté, je n'ai pas bu une seule goutte d'un liquide, depuis la moitié d'une semaine, et je ressens à présent les conséquences. J'ai fais une erreur en ayant prit ce couteau dans la cuisine. Après ça, j'ai annoncé à mes parents que je voulais en finir, que je ne pouvais plus rester là, à souffrir par leurs mains et devenir comme eux. Ce sont des personnes qui ont deux personnalités : une gentille en la présence d'autre individu ; et une méchante quand ils sont seul avec moi. Ils m'ont répondu que j'étais un monstre, un adolescent qui ne méritait même pas de vivre puisque je – d'après eux – ne les écoutait pas, faisait tout de travers et n'accomplissait pas mon devoir. Hors, je suis quelqu'un de modèle et sage en cours, peut être que le fait que je sois toujours seul, toujours enfermés sur moi même est la raison pour laquelle ils me punissent.

    Je suis partit en courant, avec le couteaux imposant dans ma main. J'ai traversé le village, puis j'ai rejoint un endroit où je n'avais jamais mis les pieds ; une grange vieille de plusieurs décennies, rongé par les termites et le temps.

    À présent, je suis là, à hésiter de faire une connerie humaine. Cette lame parfaitement aiguisée me hante. C'est le seul moyen que tout cela s'arrête. Que je ne sois plus battu, ni humilié par les gens qui jouent le rôle de mes parents et surtout que je sois corrigé de ma seule et unique erreur.

    On est tous différent et pourtant, ma famille veut qu'on soit tous semblable, mais moi je ne veux pas être comme les autres. J'étais bien avant que tout cela se produise, avant qu'ils m'emmènent dans cet abattoir à regarder les animaux de ferme se faire découper vivants pour me montrer que l'humanité entière n'avait pas de cœur et tuait pour le plaisir. C'était sensé me faire changer de voir cela, mais au contraire, ça n'a fait qu'accroitre ma haine que j'avais envers les Hommes. Ils sont tous sont immonde avec un cœur de pierre, sauf que moi j'en ai un rempli d'amour envers les êtres vivants. C'était pour ça qu'ils me traitaient, rien que pour ça, car ils voulaient que je sois comme eux : un monstre !

    Mes yeux se ferment doucement, hors, je lutte pour les garder ouverts et faire une dernière chose. En tâtant de la main, je cherche le couteau et le trouve. Je le prends sans faire exprès par la lame et me fait une nouvelle entaille dans ma paume. J'attrape le manche par l'autre main et j'hésite. Je suis peut être fou. Comment le savoir ? Je ne suis pas dans mon état actuel. La fatigue commence à me contrôler.

    J'ai froids, je tremblotte, claque des dents et pleurent. Je ne sens aucune larmes glisser sur ma peau irrité, je ne sens plus mon cœur battre. Je joue avec le couteau de cuisine comme une marionnette exécutant les gestes d'un marionnettiste ; j'ai l'impression de ne plus rien contrôler. Puis, la lame est bloqué par quelque chose et après plusieurs petits gestes je la dégage de ce qui semblerait être mon poignet. Inconsciemment, j'avais visé les veines et avait accomplit à bien mon souhait. Ce ne fut qu'après une poignée de seconde que je sentit la douleur réellement et ça me brulait. Je versa des larmes en grande quantité, sans pour autant hurler de la souffrance que j'endurais. J'avais appris à me la fermer et à subir la douleur.

    Le couteau tombe lourdement sur le sol moisit et le rebond vint sonner dans mes oreilles comme un son lointain, voir imaginaire. Des tambours retentirent, non, c'est des pas montant à la hâte les escaliers voisin qui font vibrer le sol et les murs. La porte s'ouvrit brusquement au moment où je glissa contre le mur pour me retrouver étendu, inconscient ou mort, le sang encore chaut quittant mon corps au fur et à mesure.

    Mon sort n'était pas destiné à devenir un monstre, puisque j'avais pris ma vie en main. Enfin, le plus important pour moi est que je ne sois pas devenu un monstre.


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